Alès. 2 juin (tarde). Oreille pour Gomez del Pilar.

La seconde corrida de la Feria de l’Ascension d’Alès présentait des toros de Couto de Fornilhos (origine Atanasio Fernandez-Conde de la Corte) supérieurement présentés, certains armés à faire peur, un lot qui aurait pu passer à Madrid sans problèmes.

Pour les affronter, l’empresa Tempéras Alès Cévennes avait choisi trois lidiadors expérimentés, Javier Castaño, Javier Cortés et Gomez del Pilar. Une affiche digne d’attention avec un point d’interrogation sur ce qu’allait être le comportement des bichos portugais. Finalement tous firent leur boulot, une bonne moitié affichant de la mansedumbre qui n’ôta rien à l’intérêt de la course.

Javier Castaño, que les empresas ont injustement oublié après sa maladie, a assuré sa place en bon professionnel. Le premier ne lui permit rien au capoteavant de pousser un peu sur deux puyazos, la troisième rencontre prenant la forme d’un picotazo trasero. Salut du banderillero Joao Ferreira pour deux superbes poses de banderilles. La faena qui suivit ne fut pas d’un intérêt majeur, le bicho ne prenant les muletazos qu’au compte-gouttes sur les deux bords, par deux, ou trois maximum, d’où un trasteo un peu longuet avant clôture des débats par entière contraire. Salut.

Pas mieux lors de la réception du quatrième qui prit deux rations de fer pompées, sortant seul des deux rencontres. Nouveau salut de Joao Ferreira toujours aussi spectaculaire dans la pose des harpons. Après avoir correctement doublé son adversaire (ce qui se fait de moins en moins et qui est pourtant fondamental), Castaño proposa une seconde faena ambidextre de meilleur niveau mais d’une portée limitée, et dont les meilleures séquences furent droitières, le toro se serrant sur l’homme sur le bord opposé. Metisaca précédant entière contraire. Silence.

Javier Cortés débuta son premier trasteo par de bonnes véroniques, dont certaines dessinées en fléchissant joliment la jambe. Deux piques pour ce second Couto de Fornilhos, la première en mettant un peu les reins, la seconde trasera. Brindée à l’assistance, la première faena du garçon fut de bonne facture sur les deux mains, l’animal collaborant à l’ensemble. Trois-quart latérale et tendida pour mettre fin à la vie publique du portugais. Vuelta après une pétition que le palco refusa de valider.

RAS au capote face au quinto face à un quinto plus défensif qu’offensif qui sortit seul des deux premières rencontres, la troisième s’avérant plus symbolique. LVite atrrêté au dernier tiers, il ne permit qu’une courte faena au madrilène qui signa ses meilleurs muletazos sur la corne droite, les naturelles finissant enganchées. Quelques derechazos arrachés à un animal figé précédèrent une entière caida décisive. Salut.

Gomez del Pilar est de ces toreros qui payent comptant à chacune de leurs sorties.  Il accueillit ainsi le troisième par une larga cambiada de rodillas avant de lui proposer quelques véroniques et demie. deux piques et deux picotazos suivirent cette entrée en matière, le portugais en sortant seul la moitié du temps. Après quelques séries ambidextres de correcte facture, le garçon occit son adversaire d’un bajonazo et regagna le callejon en silence.

C’est à nouveau de rodillas qu’il salua l’entrée du sixième. Après quelques capotazos sur le voyage et deux piques sans histoires, le dernier toro de la feria fut convié à une seconde faena de bon niveau dont le meilleur restera deux séries de la gauche. Bonne entière en place et une oreille qu’on qualifiera d’un peu généreuse.

Juste avant le paseillo, le matador colombien Manolo Vanegas reçut un petit cadeau, hommage de l’aficion au garçon qui continue sa lutte pour retrouver ses moyens physiques mis à mal par un toro lors d’un tentadero en début de saison dernière.

Reseña et photos : Paco.
Vidéo : feria TV.