Alès. 2 juin (matin). Décevante novillada sans picadors.

Décevante novillada sans picadors pour ouvrir la seconde journée du week-end taurin cévenol avec du bétail de Barcelo et Durand digne d’intérêt face à deux garçons dont l’un a manqué d’engagement et l’autre d’expérience.

A ce niveau, on est face à des apprentis et on sera donc porté à être bienveillants et indulgents envers les jeunes qui se mettent devant les cornes. Aujourd’hui, à mon avis, et cela n’engage que moi, Solal a manqué un peu de « rentrer dans ses adversaires » au dernier tiers, et Nino n’a pu aller au bout de ses intentions, se montrant également trop brusque dans le maniement des étoffes. Il ne faut leur mentir, et les prix reçus en fin de course doivent, de leur part, être considérés comme des encouragements et non comme des récompenses. Il faut savoir raison garder. D’autres matinales ou tardes viendront où ils mettront à profit leur expérience pour évoluer positivement.

Solalito eut pour premier adversaire un eral de Michel Barcelo un peu soso qu’il reçut par correctes véroniques, gagnant du terrain vers le centre pour y fixer l’animal par une revolera. Quite de Nino par faroles et demie puis un partage des bâtonnets qui se répètera avec chacun des quatre cornus avec des fortunes diverses, l’ensemble résultant cependant de bon niveau. Le meilleur de cette matinale vint lors de la seconde tanda droitière de Solal qui baissa très joliment la main pour trois superbes derechazos. On aurait souhaité qu’il continue ainsi. Et si le reste de cette faena ambidextre fut de correcte facture, avec quelques tandas droitières templées, et un passage à gauche moins abouti, le tout pécha par manque de fluidité et d’engagement. Entière trasera au quatrième assaut. Salut.

Face au pupille de Durand, Solal s’agenouilla pour trois véroniques, se remettant ensuite sur ses aplombs pour véroniques, chicuelinas et demie. Quite de Nino par chicuelinas heurtées, Solal répliquant par chicuelinas et demie. La faena qui suivit fut trop longue, Solal accumulant des muletazos d’inégale intensité, dont beaucoup manquèrent de fond. Quasi-entière verticale après pinchazo, descabello. Salut.

Nino débuta par la lidia du Durand qu’il accueillit par véroniques, chicuelinas et farol. Suivit un quite un peu brouillon de Solal par navarras et tafalleras alternées. Face à un novillo un peu violent qui derrotait en fin de passe, Nino ne sut trouver le placement et le rythme adéquats, malgré une bonne volonté évidente. demi-lame dans les côtes et pinchazo hondo pour la conclusion. Silence.

Le dernier eral de cette matinale portait le fer de Barcelo. Nino puis Solal intervinrent par véroniques et demie avant un second tiers toujours à charge des deux garçons, Nino chutant devant son adversaire à la sortie de la première paire et sauvé par un quite opportun de Julien Breton qu’il convient de féliciter pour sa vigilance. La faena qui suivit ne permit pas à Nino de refaire le chemin perdu, le garçon laissant l’initiative du combat à son opposant. Trois-quart delantera et contraire après deux pinchazos. Silence.

Solal reçut le Trophée Philippe Cuillé attribué au meilleur novillero de la course et Nino une muleta offerte par le Club Taurin La Banderilla d’Alès. 

Reseña et photos : Paco.
Photo de la remise des prix : Jean-Pierre Souchon.
(j’avais rangé mon appareil pensant que les prix ne seraient pas attribués)