Madrid. 25 mai. Oreille au prix du sang pour Juan Leal.

Une nouvelle fois, la présence au palco de Gonzalo de Vila* a déclenché une vague de protestations, les mécontents, notamment les occupants du tendido 7, réclamant la démission du président.

Au menu du jour des toros de Pedraza de Yeltes, bien présentés, bien que certains manquent un peu de trapio, et nobles de façon générale, les quatrième et sixième s’avérant quant à eux plus compliqués.

Face au premier, Octavio Chacon fut comme d’habitude très professionnel, recevant bien au capote l’animal qui prit ensuite deux rations de fer avec alegria, puis signant un bon quite par chicuelinas auquel Javier Cortes répondit par élégantes véroniques, le dernier mot revenant à Chacon par delantales. Hélas le Pedraza s’éteint au dernier tiers, mettant à mal les bonnes intentions du chef de lidia qui l’expédia en deux assauts. Silence.

Face au compliqué quatrième, Chacon fut à nouveau efficace dans le maniement du capote avant de voir son adversaire manifester peu d’entrega dans la suite de la lidia. A nouveau le garçon ne put manifester que ses bonnes intentions, faute de pouvoir briller. Silence.

Ce n’était pas terminé pour Octavio Chacon qui dut aussi lidier le sixième suite à la blessure de Juan Leal. Hélas point de session de rattrapage pour le gaditano qui tomba sur un autre toro compliqué qui se livra peu. Nouvelle faena propre, méticuleuse mais de faible contenu vu le manque de matière première. Troisième silence pour Chacon qui n’était pas hier dans un jour de chance.

Javier Cortes vit son premier adversaire un peu protesté pour son apparence. Ce troisième Pedraza afficha une certaine noblesse qui se manifesta surtout sur la gauche, une bonne corne que le garçon exploita dans de bonnes naturelles longues et templées. Hélas les aciers ne furent pas au rendez-vous et le trasteo s’acheva en silence.

Le quinto était un toro qui transmettait mais sans posséder les qualités requises pour permettre un travail soigné. Brusque, incertain dans ses charges, il ne facilita pas la tâche de Cortes qui fit ce qu’il put, laissant quelques séquences de bonne facture mais sans continuité, évitant de peu la cogida. Silence après une mise à mort difficile, les aciers n’étant toujours pas au rendez-vous.

Juan Leal avait une carte importante à jouer, et il l’a jouée à fond. Bien au capote, il laissa ses compagnons Marco Leal et Manolo de los Reyes saluer pour un second tiers rondement mené avant de s’agenouiller pour débuter une faena très engagée où le bicho fit l’avion dès les premières séries. Alors que la mayonnaise commençait à prendre, le Pedraza cueillit Juan Leal à la sortie d’une tanda et lui infligea une cornada à la fesse. L’arlésien poursuivit courageusement son trasteo, dessinant notamment de méritoires circulaires inversées avant de loger une épée dans tout le haut. Oreille et pari réussi, au prix du sang, pour un courageux Juan Leal qui passa ensuite par l’infirmerie pour ne plus en ressortir.

Bilan pour Juan Leal : cornada de 25 cm dans la région périnéale avec possible fracture du coccyx. Pronostic : grave.

Photos : Plaza 1.
Diaporama : Ferdinand De Marchi.

*pour rappel Gonzalo de Villa est le président qui a (généreusement) octroyé à Miguel Angel Perera les deux oreilles qui lui ouvrirent la Puerta Grande.