Madrid. 24 mai. Puerta Grande pour David de Miranda.

Un peu moins de trois ans après avoir pris une alternative de luxe à Huelva*, David de Miranda récolte enfin les fruits de son travail en ouvrant la Puerta Grande de Madrid.

Il a pour la circonstance croisé la route de « Despreciado« , un toro noble de Juan Pedro Domecq de beau trapio accusant 605 kg sur la romaine. Manifestant peu d’entrega à son entrée, le bicho se laissa petit à petit prendre au jeu et finit a mas, permettant au torero de signer un quite par chicuelinas serrées, puis une faena autoritaire et sereine qui pécha un peu par manque de douceur et dont les meilleures séquences furent droitières, bien que le passage à gauche soit tout de même de bon niveau. David de Miranda sut donner la distance juste, citant souvent de loin et affichant beaucoup d’aguante. Les bernadinas finales et l’épée portée dans tout le haut emportèrent l’adhésion du public qui demanda et obtint une double récompense pour le torero onubense (de Huelva), deux oreilles qui lui ouvrirent la Puerta Grande de Las Ventas.

Le garçon avait débuté la tarde (confirmation d’alternative oblige) par la lidia d’un Juan Pedro juste de forces qui ne lui permit guère de s’exprimer, le vent n’arrangeant pas les affaires du garçon qui ne put afficher que sa bonne volonté, faute de pouvoir briller en ces circonstances. Silence.

El Juli, gêné par le vent, ne put faire grand chose face à son premier. On retiendra de la lidia de ce second toro de la tarde un quite par gaoneras de Paco Ureña (avec bousculade à la clé, heureusement sans conséquences) et la réponse du Juli par chicuelinas et demie. Silence.

Le quatrième fut renvoyé aux corrales après s’être cassé une patte au dernier tiers et remplacé (anti-règlementairement et suite à l’insistance du torero et d’une partie du public) par un sobrero de Luis Algarra noble et mobile mais manquant de transmission. Suivirent beaucoup de muletazos sans fond avant le classique « julipié » du tricheur. Sifflets lors du retour au callejon.

Paco Ureña salua la venue du troisième par de bonnes véroniques, puis chercha l’abri des planches du tendido 5 pour tenter d’éviter les rafales de vent. Quelques bonnes séries ambidextres, très ajustées sur la corne droite, surent toucher le public malgré un accord aléatoire entre les deux combattants. Vuelta après une bonne lame portée au second assaut.

Le sérieux quinto fut petit à petit capté par la muleta d’Ureña dans une faena en deux actes, le premier consistant à mettre le bicho dans l’étoffe, le second à en tirer le meilleur parti sur les deux bords. Bon et méritoire travail du torero qui parvint ainsi à construire une faena aboutie qui lui valut de couper une oreille après un bon coup de rapière.

*5 août 2016 des mains de José Tomas, témoin Lopez Simon, toros de Victoriano del Rio.

Photos : Plaza 1.