Madrid. 22 mai. Puerta Grande pour Andrés Roca Rey.

Qui arrêtera le phénomène Roca Rey ? Après une temporada hivernale outre-Atlantique riche en succès, le jeune péruvien a traversé le charco sans s’accorder une pause pour partir à la conquête de nouveaux triomphes sur le Vieux Continent.

De quelle matière est donc faite ce jeune diestro qui bouscule l’ordre établi et qui s’est hissé en quelques saisons sur les sommets de l’escalafon, sans s’y reposer sur ses lauriers comme le font bon nombre de ceux qui y sont.

Ainsi hier à Las Ventas, il combattit en troisième position un sobrero du Conde de Mayalde, le Parladé titulaire ayant été renvoyé aux corrales pour absence de forces. Pris alors qu’il esquissait une gaonera, il poursuivit sans hésiter par une série de chicuelinas rématée par une belle demie. Manso face à la cavalerie, le bicho fut soumis par la muleta puissante du péruvien, bien qu’à aucun moment il ne se livre vraiment. Ovation après un bajonazo qui coucha très vite l’animal, puis passage par l’infirmerie où il fut soigné sous anesthésie locale pour une cornada de 6 cm dans la cuisse droite.

Retour en piste sous une belle ovation pour lidier le manso sixième qui lui aussi fut peu piqué car fuyant le lancier. Brindée au public, la faena, que certains voyaient compromise, fut construite peu à peu avec beaucoup d’intelligence et de dominio, le garçon parvenant à soumettre l’animal  tout en aguantant parfaitement ses charges. Final par bernadinas précédant une estocade en se jetant sur le morillo. Deux oreilles et Puerta Grande pour Roca Rey qui l’avait déjà empruntée lors de son étape de novillero.

El Cid, qui faisait ses adieux à la capitale, fut salué par une belle ovation avant de combattre le premier de la tarde, un toro noble mais de peu de transmission auquel il proposa une faenita de correcte facture, sans plus. Palmas.

Trasteo à l’identique face au quatrième et salut de despedida.

Alberto Lopez Simon coupa une oreille du bon second, un toro qui lui permit de composer une bonne faena dont les meilleures séquences furent droitières, le passage à gauche s’avérant moins abouti. Final par bernadinas et orticinas qui chauffèrent le public qui lui fit attribuer la première oreille de la tarde.

C’est a porta gayola qu’il accueillit le quinto, un bicho qui l’obligea à se jeter à terre pour éviter de se faire prendre. Hélas l’animal finit a menos et malgré les efforts de Lopez Simon, pas grand chose à en tirer. Salut. 

A noter que les toros sont sortis avec une devise noire en hommage à Fernando Domecq, oncle du ganadero du jour, récemment disparu.

Photos : Ferdinand De Marchi.