Le chiclanero Cristian Pajero remporte le Bolsin de Bougue.

Honnête entrée d’aficionados curieux, deux heures trente de spectacle, temps frais, ciel bleu et nuages.

Cinq erales du Camino de Santiago, bien présentés et de très grande noblesse. Parfaitement toréables.

  • Alejandro Contrera Tarin (bleu ciel et or) : au premier, un pinchazo et une entière, salut.
  • Miguel Uceda Vargas (rouge et or) : au deuxième, une entière salut ; au quatrième, une entière, une oreille.
  • Cristian Pajero Rodriguez (bleu marine et or) : au troisième, une entière, salut ; au cinquième, un pinchazo et une demi-lame, une oreille et pétition de la seconde.

Cristian Pajero, de l’école taurine de Chiclana de la Frontera, est le vingt-cinquième gagnant du Bolsin de Bougue (40). Un titre qui lui vaudra de participer à de nombreuses novilladas sans picadors dans le Sud-Ouest.

La désignation de ce successeur d’Alejandro Talavante, César Jimejez ou de Fernando Cruz, s’et faite en deux temps. La matin, éliminatoire devant des vaches de Jean-Louis Darré, branche du Camino de Santiago. Une tienta qui a permis de découvrir deux vaches d’exception.

Parmi ce groupe d’aspirants, une jeune fille, Anaïs Taillade, de l’école taurine de Béziers qui n’est pas encore parvenue au niveau de ses camarades. Si aucun français ne se retrouve dans le trio final, soulignons toutefois une excellente sortie de Tristan Espigue, qui a donné un récital de muletazos d’une grande douceur et de beaucoup d’harmonie. La deuxième partie de la faena de Nino Julian avait également beaucoup de classe.

Mais au final, le jury composé des principaux responsables des villes taurines qui accueilleront le vainqueur dans l’été, ont retenu Alejandro Contreras Tarin, de l’école de Valencia, qui ne nous avait pourtant pas paru parmi les plus convaincants, Miguel Uceda Vargas, de l’école de Camas, très fin dans tous ses gestes, et Cristian Pajero, le plus complet par bien des aspects.

Le soir, c’est encore du bétail de Jean-Louis Darré, erales du Camino de Santiago, qui devait départager les garçons.

Magnifique de présentation, il avait un comportement parfait. Peut-être trop facile pour des novilleros qui, jusqu’à présent, ont eu à se battre et en ont oublié tout le potentiel artistique que l’on pouvait tirer des Camino.

Alejandro Contreras Tarin (bleu ciel et or) ouvrait les hostilités avec beaucoup de douceur et une belle élégance à gauche, mais il s’effaçait par moments derrière la classe du novillo. En fait ce fut une sortie un peu morne. Il se contentera d’un salut.

Miguel Uceda Vargas (rouge et or) s’effaça lui aussi par instants, son adversaire ne quittant jamais la muleta. A gauche, il eut quelques éclairs mais on ne retrouva pas l’aisance du matin. Retenu pour un deuxième novillo, il attaqua par deux véroniques un peu bâclées, mais signa une première série de muletazos terminée sur un somptueux pecho qui déclencha la première musique de l’après-midi, des naturelles très lentes ponctuant une faena essentiellement gauchère. Il ne laissa plus de répit au novillo. Il gagnait une oreille mais elle ne suffirait pas à contrecarrer la volonté de Pajero.

Cristian Pajero (bleu marine et or) fut celui qui attaqua dès la première passe de muleta. Il se livra à un beau duel, parfois stérile, mais qui le classa comme un volontaire. Il aura été le gagnant de ce premier duel. C’est dans un style opposé, très doux, harmonieux ponctué de multiples trincheras avec en cadeau une immense série sur la gauche, parfaitement maîtrisée qu’il combattit son second. Malgré  une mise à mort en deux temps, il avait convaincu le public qui voulait une deuxième oreille. Le titre l’attendait.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporamas : Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/)