Aire sur l’Adour. 1er mai. Une oreille pour Juan Carlos Carballo et Dorian Canton.

Bonne petite entrée, temps nuageux et agréable, deux heures trente de spectacle.

Six novillos de Juan Luis Fraile y Martín, bien présentés, avec quelques belles têtes, bon comportement d’ensemble au cheval. Tous compliqués à la muleta, obligeant les novilleros à se battre et démontrer tout leur courage.

  • Juan Carlos Carballo (bleu ciel et or) : au premier, deux pinchazos et une entière, silence ; au quatrième, une entière, voltereta et une oreille.
  • Maxime Solera :  (bleu marine et or) : au deuxième, trois pinchazos et une demi-lame, silence ; au cinquième, deux pinchazos et une entière, silence.
  • Dorian Canton (vert et or) : au troisième, deux pinchazos, une entière et deux descabellos, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

 

Apostille.

  • A la mort du troisième novillo, le paseo Ivan Fandiño a été interprété en hommage au torero mortellement blessé en juin 2017.
  • Les banderilleros El Monteño et El Santo ont salué respectivement au troisième et au quatrième.

 

La novillada des Arsouillos à Aire-sur-l’Adour avait fait confiance à la ganaderia Fraile y Martín. Confiance méritée puisque l’on peut penser avoir assisté au début du renouveau de la devise de Salamanca qui s’étiolait depuis une dizaine d’années. Novillos bien présentés, avec souvent des gabarits proches du toro, auteurs chacun d’un intéressant tercio de piques avec trois à quatre châtiments pour les premier, deuxième et quatrième, et deux solides rencontres pour les autres. Des novillos qui sont chaque fois allé au bout de leur combat avec un jeu intéressant.

Juan Carlos Carballo n’est pas resté sans voix devant ses adversaires. Face au premier, très mobile et agressif, il s’imposa rapidement avec un toreo très classique et une excellente main gauche. Le seul reproche à lui faire est d’avoir fait durer un peu trop sa faena. Il fut tout aussi intéressant avec son deuxième adversaire, même s’il recula assez souvent avant de trouver la distance. Mais dès lors il arracha des applaudissements au public. Pour tuer ,il fit passer le grand frisson en se jetant violemment entre les cornes. Coup d’épée réussi qui l’envoya à l’infirmerie après une vuelta, oreille en main (cornada interne).

Maxime Solera s’imposa rapidement à la cape avec une certaine élégance. Pourtant « Rosero » n’avait rien d’un gentil et il dut le calmer par une série de passes de châtiment. Et rapidement il trouva un tempo acceptable. A croire que le garçon a tiré les deux novillos les plus violents de ce lot. Il fut obligé de se battre dès le tercio de cape mais parvint à réduire l’animal. Un brindis au ciel, à la mémoire de Fandiño, et il parvint à une tauromachie assez sage et coulée. Un novillo qu’il semble s’être inventé.

Dorian Canton, on le sait, paye chaque fois comptant, mais la complication était au rendez-vous, et après un moment de lutte, le Fraile perdit beaucoup de mobilité. Par la suite, avec le second, il lui fallut beaucoup de courage pour trouver la bonne distance. Dès lors Dorian livra une de ces faenas guerrières dont il a le secret, chaque geste porté avec efficacité pour parvenir à imposer sa domination. Il devait faire ses adieux de novillero à Aire par un immense coup d’épée…toutefois obligé d’écouter un avis à la suite d’un cafouillage avec le puntillero, de quoi perdre cette oreille qu’il avait chèrement gagnée.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

La novillada vue par Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/) et par Philippe Gil Mir.