Arles. 22 avril (matin). Triomphe de Diego Ventura.

Triomphe de Diego Ventura qui remporte le 1er Trophée Luc Jalabert et qui sort a hombros par la grande porte de l’amphithéâtre arlésien.

Ventura coupe deux oreilles à son second, 5ème exemplaire de Los Espartales. Il s’agit du n°36 pesant 525kg et répondant au nom de Bambo. Monté sur Joselito, un joli bai qui boit dans son blanc, Diego posa deux castigos légèrement positionnés sur l’épaule gauche. C’est Nazari qui débuta la faena de banderilles, embarquant Bambo avec aisance dans des déplacements latéraux inégalables de précision : un modèle du genre. Avec un bayo, Diego cloua par deux fois al violin à la sortie de deux quiebros contraires. Avec le célèbre Dolar, sans bride, ce sont deux paires de banderilles à deux mains qui soulevèrent l’enthousiasme des gradins. Enfin Prestigio, qui se plaît à la verticale pour marcher sur les postérieurs, avant et après la pose de 3 courtes al violin. Un rejon douteux , le bicho étant habilement puntillé par la cuadrilla, lui valut 2 appendices.

Le centaure de la Puebla avait reçu son premier du nom de « Esparaguero », pesant 515 kg et portant le n° 38, avec Lambrusco, clouant de face deux castigos. Lio puis Bronce furent les auteurs d’une belle faena assez classique et bien rythmée. L’aguante et l’alegria du cavalier enflammèrent les tendidos. Toréant de face et clouant chaque bâton à l’étrier, le Maestro s’imposa. Remate en termina par 3 courtes al violin et une entière de bonne facture, précédée de deux pinchazos qui lui firent perdre les trophées.

Le chef de lidia Ruy Fernandes, coupa, quant à lui, une oreille à son second. Il était opposé au 1er et 4ème Espartales respectivement de 515 et 545 kg et portant les n° 38 et 21. Le cavalier lusitanien toréa selon les règles portugaises, en ajoutant quelques fantaisies à son répertoire, notamment avec son second opposant qu’il châtia  mieux que son premier : un seul castigo. Le n° 21, du nom de « Marques », répondit positivement en donnant le change. La faena de banderilles nous permit de voir de bonnes rencontres engagées avec sincérité, le cavalier clouant à hauteur de l’étrier le plus souvent. Je veux souligner une banderille spectaculaire clouée dans la foulée, à la sortie d’un piaffer balancé qui donna le ton de la rencontre, mettant une partie du public en émoi. Deux lames entières plantées successivement emportèrent le bicho qui y laissa une oreille.

Léa Vicens était opposée à « Malacara » et à « Sereno » portant les n° 10 et 2, affichant un poids de 540 et 565 kg. Ce dernier, qui était le plus gros de la course, fut combattu en 6ème position. Malgré une certaine noblesse, il fut le plus compliqué. Ses charges étaient brusques, Jasmin en fera les frais, il sera bousculé à la croupe lors de la pose d’une rose. Abordant le dernier tercio avec Cléopâtre, jument baie nouvelle recrue, la rejoneadora mit une lame trasera. Cette dernière nécessita l’usage de l’épée cruciforme, lui faisant ainsi perdre les récompenses.

Nettement plus à l’aise à son premier, la nîmoise nous offrit une prestation harmonieuse et de bon goût. De bons récortes soulignèrent sa maîtrise dès la salida, clouant avec Bach un seul castigo. Bético enchaîna en embarquant « Malacara » dans des déplacements latéraux bien maîtrisés. Le couple fut l’auteur de 3 banderilles de qualité, la 1ère et la 3ème de face, la seconde posée al violin. Bazuka entra en scène, impressionnant par son aguante : 3 bâtons à son actif de grande qualité cités à courte distance et de face. Il laissa la place à un Deseado en parfait équilibre entre mézair et levade pour initier et couronner la pose d’une rose chère à son mentor. Espontaneo intervint pour en finir d’une entière précédée d’un pinchazo. Une oreille tomba dans l’escarcelle de la cavalière.

Le trophée Luc Jalabert, évoqué plus haut, fut remis en piste après la course à Diego Ventura par Sandra Monteil en présence de la Reine d’Arles et des petits-enfants de Luc.

Une émotion particulière se dégageait de ce tableau final.

Invité sur le plateau de France Bleu des Andalouses lors de la Feria Pascale 2018, nous avions formulé le vœux qu’un tel trophée soit mis en place. Nous sommes très heureux que nos souhaits aient été exhaussés.

Reseña : Freddy Porte.
Photos : Anthony Maurin.

La corrida de rejon vue sous un autre angle avec les photos de Martine Clément (ci-dessous)