Arles. 21 avril (matin). Vive la France !

La novillada du dimanche matin, 100 % tricolore, a connu un beau succès, tant au niveau de l’affluence qu’au niveau artistique, les trois heures passées ne laissant jamais place à un quelconque ennui.

Six novillos, portant les fers de six ganaderias françaises plus ou moins renommées, ont foulé en ce dimanche pascal le sable de l’amphithéâtre arlésien face à six novilleros de l’hegagone qui n’ont eu chacun qu’une carte à jouer et donc qu’une donne pour convaincre. Une matinale qui a enchanté les nombreux aficionados présents.

Le spectacle n’était pas une concours proprement dite, donc pas de sortie des utreros par ordre d’ancienneté mais un sorteo qui associa un fer à chaque garçon. Les novilleros par contre combattirent en fonction de leur date d’entrée dans la profession.

Tibo Garcia – « Buscador » des Héritiers de François André.

On peut dire que le jeune nîmois ne fut pas le plus heureux au sorteo, héritant du novillo le plus compliqué. Bonne série de véroniques, chicuelina, demie et revolera pour la réception de ce bicho qui se retournait comme un chat avant deux rations de fer en place (c’est rare !) d’intensité décroissante. Quite de Maxime Solera par cordobinas. Face à un utrero au parcours réduit et à la charge désordonnée, Tibo fit front vaillamment, volant de méritoires muletazos sur les deux bords malgré les derrotes violents qui accompagnaient les charges. Entière caidita au second assaut. Salut.

Maxime Solera – « Purpanito » du Lartet (Paul et Jérôme Bonnet).

Reçu indirectement* a porta gayola par une larga cambiada de rodillas, le pupille de Jean-Louis Darré prit deux puyazos avant un quite de Baptiste Cissé par chicuelinas et larga. Débutée par passes hautes main sur les planches, la faena de Maxime, brindée à son apoderado Enrique Guillen, fut d’inégale intensité, le novillero profitant de la longue charge de « Purpanito » pour débuter ses séries de muletazos en mettant le bicho à distance, aguantant bien ses charges mais perdant quelquefois le sitio. Si l’ensemble manqua un peu de fluidité et pécha par moments d’un défaut de construction, l’entrega était bien présente jusqu’à l’estocade où le fosséen, après avoir jeté sa muleta, s’élança sur le bicho pour laisser une lame verticale, effectuant une spectaculaire voltereta heureusement sans conséquences.

Vuelta pour le novillo du Lartet qui laissa légitimement une oreille dans les mains de Maxime (après grosse pétition de second trophée).

(*indirectement car le novillo entra dans le ruedo et fit quelques mètres avant de s’élancer vers le garçon).

Baptiste Cissé – « Inesperado » de Jacques Giraud.

Accueilli par des véroniques inégales, le pensionnaire de la Tour du Cazeaux mit les reins avec bravoure lors de deux rencontres (hélas carioquées) avec la cavalerie. Quite de Carlos Olsina par deux véroniques et revolera. Face à ce novillo exigeant qui répétait avec alegria, Baptiste fit preuve de beaucoup d’aguante, liant des séries ambidextres sur un pas sans céder de terrain. Si le début de faena fut assez fluide, les séries finales de derechazos et naturelles furent un peu heurtées et les manoletinas de conclusion un peu sèches. Entière muy trasera, trois descabellos entrecoupés d’un avis. Arrastre applaudi et salut pour Baptiste.

Carlos Olsina – « Cordobes » de Camino de Santiago (Jean-Louis Darré).

Le biterrois reçut son opposant par véroniques et farol avant deux rencontres avec le lancier pour un premier puyazo doublé d’un picotazo. Quite de Rafi par gaoneras. Débutée de rodillas, la faena de Charles a révélé une nouvelle dimension du novillero qui m’a paru beaucoup plus puesto que précédemment, affichant une bonne technique et des gestes artistiquement plus aboutis. Hélas le caractère sosote de l’animal dévalua un peu le trasteo du jeune garçon qui construisit un ensemble cohérent sur les deux bords, se faisant accrocher sans mal (excès de cnfiance) sur les bernadinas finales. Entière en place en rentrant droit et une oreille légitime.

El Rafi – « Intrepido » de Malaga (Famille Callet). 

Accueilli par véroniques (quelquefois un peu sèches), chicuelinas et farol, le pupille de la famille Callet prit une première ration de fer traserita doublée d’une seconde en place, les deux avec bravoure et fijeza. Quite par chicuelinas un peu brouillonnes d’Adam Samira. Brindée à son apoderado Patrick Varin, la faena ambidextre de Raphaël fut de bonne facture, malgré quelques difficultés à se replacer en début à cause de la belle mobilité du bicho qui répétait avec alegria et noblesse. Ensemble évoluant a mas  mais un golletazo pour la conclusion qui (à mon avis) gâcha un peu l’ensemble. Vuelta pour le pensionnaire du Domaine de Malaga et oreille pour Rafi.

Adam Samira – « Bienvenido » de Taurelle et fils.

Le jeune arlésien, qui débutait dans la catégorie, est certes encore un peu vert mais il n’a pas démérité face au novillo le plus imposant de cette matinale, un utrero portant le fer de la famille Taurelle qui faisait elle aussi ses débuts à ce niveau. Après quelques correctes véroniques et chicuelinas, Adam présenta le bicho face au cheval pour un premier puyazo pris en poussant, l’utrero un peu mansote reculant à la seconde rencontre. Quite de Tibo Garcia par chicuelinas et demie puis salut de Marc Antoine Romero pour deux bonnes paires de harpons. Muleta en mains, le jeune arlésien composa une faena ambidextre inégale où il eut du mal à se mettre au niveau de son adversaire, lequel manifesta une bonne noblesse dont ne sut pas profiter complètement Adam qui manqua un peu de mando. Entière traserita et latérale pour le final. Oreille d’encouragement.

Le prix au meilleur novillo dut attribué au Lartet, celui du meilleur novillero à Rafi.

Très agréable matinée comme on souhaiterait en vivre plus souvent.

Reseña et photos : Paco.