Arles. 20 avril. Puerta Grande pour José Maria Manzanares.

Environ trois-quart d’entrée pour cette première corrida de la Feria Pascale arlésienne, corrida de figuras avec des toros de Garcigrande et Domingo Hernandez (1° et 2°) pour Morante de La Puebla (remplaçant Enrique Ponce toujours convalescent), José Maria Manzanares et Alvaro Lorenzo.

Surprise au niveau du bétail qui se montra moins collaborateur que d’habitude avec des toros de présentation correcte, plutôt commodes d’armures, et qui, sans être des lions, n’ont souvent pas facilité la tâche des toreros du jour.

Morante de La Puebla se fit désarmer par le premier qui l’obligea à plonger au callejon après seulement deux véroniques. Le torero reprit l’initiative du combat par trois correctes véroniques et la demie maison. Après deux rations de fer appuyées, la première sans mise en suerte, le Garcigrande (trop et mal piqué) eut du mal à supporter le second tiers, restant souvent figé. Il collabora ensuite sur la corne droite dans une paire de séries droitières mais ne voulut rien savoir sur le bord opposé où il se défendit. Le diestro de La Puebla n’insista pas et le coucha d’une entière contraire portée au second assaut, entière qui dut être complétée par deux descabellos. Quelques applaudissements et pas mal de sifflets.

RAS au capote face au quatrième que Morante fit une fois de plus trop piquer en deux rencontres, fer en arrière à la première et carioquée la suivante. Second tiers mal conduit par la cuadrilla semble-t-il apeurée par l’animal, d’où des poses à l’unité au raset. Doublant bien par le bas, José Antonio, soutenu par le public, nous gratifia de quelques bons derechazos avant de renoncer sans prendre la main gauche. Quasi-bajonazo pour le final. Silence.

José Maria Manzanares passa inaperçu au capote lors de la réception du second qu’il se contenta de parar, laissant entrevoir une véronique et une media. Paco Maria piqua très bien l’animal en deux rencontres, la seconde de moindre intensité. Alvaro Lorenzo s’échauffa ensuite par trois chicuelinas (serrée la troisième) et une revolera. Face à un toro un peu exigeant qui répétait avec noblesse et alegria, le torero d’Alicante sut trouver la bonne distance et le bon rythme pour ne pas se laisser déborder. Il enchaîna ainsi les séries ambidextres, débutant sur la main gauche une faena de qualité qu’il conclut  par une entière contraire latérale et hémorragique un peu longue d’effet. Oreille.

Le mansote quinto n’était pas un bicho facile. L’animal désarma Manzanares à la sortie d’une larga qui concluait une belle série de véroniques avant de fréquenter le lancier à trois reprises sans s’employer sous le fer, sortant seul des trois rencontres. Après un quite d’Alvaro Lorenzo par deux véroniques et demie, José Maria mit toute sa technique en oeuvre pour convaincre « Confitero », lequel se livra peu et obligea le diestro à lui tirer les muletazos. La puissance de la muleta de l’alicantin finit par aimanter le Garcigrande et la faena se construisit petit à petit, finissant a mas sur une lame caida portée a recibir. Deux oreilles, un peu généreuse la seconde si l’on prend en compte le point d’entrée de l’estoc. 

Alvaro Lorenzo ne fut pas le mieux servi mais sa volonté compensa le manque de classe de ses opposants. Le premier avait une charge un peu désordonnée et quelques mouvements intempestifs du couvre-chef. Le garçon s’en accommoda, d’abord en signant lors de la réception quelques véroniques de correcte facture rématées par demie au centre. Après deux rations de fer, en carioca la première prise en poussant un peu, symbolique la suivante, le jeune matador composa un ensemble cohérent sans se lancer impressionner par les changements de rythme et les derrotes d’un bicho qu’il domina, finissant dans le terrain du cornu par quatre manoletinas dont deux très serrées. Oreille légitime après une lame traserita.

Le sixième était du genre compliqué et mauvais coucheur. Violent, agressif mais affichant cependant de la fijeza, il mit Alvaro Lorenzo sur le reculoir après les premières véroniques, puis renversa à deux reprises la pièce montée. Le picador de turno hors jeu fut remplacé par son collègue qui conclut le tiers par deux puyazos plus ordonnés. Le toledano s’accrocha pour dessiner quelques méritoires séries ambidextres avant d’en finir d’une habile trois-quart en place portée en prenant les boulevards extérieurs. Salut.

Sortie a hombros pour José Maria Manzanares.

Reseña et photos : Paco.