Nîmes-Vauvert. 31 mars. 12ème Printemps des Jeunes Aficionados.

Le 12ème Printemps des Jeunes Aficionados a débuté le samedi 30 mars à Nîmes dans le cadre des arènes du Clapas où l’aficion militante s’était donné rendez-vous autour de la placita gardoise.

Tienta matinale tout d’abord où six postulants à la place réservée pour la novillada sans picadors du lendemain à Vauvert ont joué leur qualification face à trois vaches de Pagès-Mailhan.

Les deux meilleurs devaient ensuite s’affronter l’après-midi, le vainqueur finissant à l’affiche du lendemain.

Ainsi ont pu toréer successivement par paires Borja Escudero (ETPA), El José, (Rhône Aficion), Clément Valentin (CTN), Juanito (Adour Aficion), Anaïs Tailhade (Béziers) et Rafael Ponce de Leon (CFT).

Trois candidats se sont détachés, Borja Escudero, Juanito et Rafael Ponce de Leon. Juanito n’ayant pas l’âge légal (16 ans) pour figurer à l’affiche d’un spectacle avec mise à mort, ce sont donc Borja Escudero et Rafael Ponce de Leon qui se sont qualifiés pour l’après-midi. Juanito a cependant reçu une muleta de la part des organisateurs pour le féliciter de sa prestation.

 

Enfin, face à deux becerros du fer de Pagès-Mailhan, chacun des deux novilleros a fait valoir ses arguments et c’est Borja Escudero (originaire d’Alicante et élève de l’ETPA) qui a gagné sa place pour la novillada du dimanche. Une muleta lui a été remise par Frédéric Pastor, Adjoint à la municipalité nîmoise en charge de la tauromachie.

Photo : Jean-Luc Jouet.

La journée du dimanche a débuté par une tienta de trois machos des ganaderias de Patrick Laugier, Jacques Giraud et Michel Barcelo (dans l’ordre de sortie).

Ont successivement toréé Alberto Lamelas, Javier Cortes et Maxime Solera, à la branche tout d’abord comme il est de coutume, puis à la muleta, Gabin Rehabi intervenant à la pique monté sur son cheval « Tornado » qu’il a dressé lui même depuis six mois et qui fonctionne fort bien dans l’exercice.

Le premier novillo de Laugier, impétueux à sa sortie, fut brave au cheval, partant de loin à plusieurs reprises, puis très noble avec une pointe de faiblesse, dans la muleta d’Alberto Lamelas, avec le petit défaut de se serrer sur le torero lors des premiers muletazos gauchers. Le torero madrilène sut s’adapter et se régala des longues charges du bicho qui devrait sûrement avoir gagné le droit de procréer.

Javier Cortes affronta ensuite un novillo de Jacques Giraud qui s’avéra manso dès les premiers contacts avec le picador, fuyant le châtiment puis s’allumant au bout d’un moment sous le fer et poussant longuement en mettant les reins. Ce long puyazo fut administré avec un fer de corrida à la demande du ganadero. Le bicho se montra ensuite un peu tardo (suite au châtiment ?) dans la muleta de Cortes qui sut tirer, avec beaucoup de technique, le meilleur parti d’un novillo plus défensif qu’offensif.

Le dernier macho de cette matinale, porteur du fer de Michel Barcelo, est revenu à Maxime Solera. Peu de chose à retenir de cet animal qui resta de note très moyenne, ni mauvais ni bon, plutôt soso dans l’ensemble. Le fosséen s’appliqua à le faire passer avec beaucoup de métier, montrant qu’il était prêt à relever tous les défis de la temporada européenne après un séjour outre-Atlantique riche d’enseignements.

Les trois ganaderos ont commenté à tour de rôle les prestations de leurs pupilles respectifs, une initiative appréciée par les spectateurs venus en nombre.

Après les agapes de mi-journée, place à la novillada sans picadors vespérale célébrée devant un auditoire conséquent. Une minute d’applaudissements fut observée à l’issue du paseillo en hommage à René et Natacha Chavanieu ayant quitté récemment la planète taurine.

Huit jours après son passage par les arènes biterroises, le rejoneador Mickaël Toubas retrouvait le public. Face à un novillo de François André qui collabora avec beaucoup d’entrega, le cavalier signa une prestation inégale avant d’en finir d’un rejon de muerte latéral et hémorragique porté au second assaut. Vuelta.

Clément Hargous (CFT) fut le premier des piétons à entrer en lice. Face à un novillo de Manu Turquay, RAS au capote avant un second tiers partagé avec Solalito et Nino après intervention au quite de Borja Escudero par brelans de véroniques et demies. Bonne prestation des trois garçons applaudis à l’issue du tiers. La faena qui suivit fut souvent instrumentée sur le voyage du Turquay qui resta maître du jeu jusqu’à ce que le garçon commence à se croiser, livrant alors deux séries plus affirmées sur la main droite. Lors du passage à gauche, le garçon avait auparavant eu du mal à garder le sitio. Entière delantera efficace pour la conclusion faisant apparaître au palco le seul mouchoir de la tarde.

Borja Escudero (ETPA) est tombé ensuite sur un novillo de François André pegajoso qui le mit un peu sur le reculoir dès l’entame au capote. Face à cet animal très vif, le peu d’expérience du garçon, un peu trop vert pour ce genre d’exercice, se fit sentir. Volontaire mais un peu dépassé, Escudero se battit avec ses moyens, laissant quelques honorables séquences avant d’en finir d’une lame atravesada perçante complétée par une poignée de descabellos. Vuelta.

Solalito (Campo de Gibraltar) signa le meilleur capoteo de la tarde face à un novillo de Cuillé collaborateur mais un peu soso. Après un quite de Nino par véroniques et serpentina auquel Solal répondit par saltilleras et revolera, second tiers à nouveau partagé par les trois garçons qui se rendirent successivement la politesse. Débutée de rodillas près des planches, la faena ambidextre du garçon, de corte classique, évolua a mas jusqu’à ce que le Cuillé se dégonfle et abandonne le combat, finissant même par se coucher. Le garçon eut le tort d’insister (péché de jeunesse) alors qu’il eut fallu très vite placer le bicho pour la mise à mort. Le final se dilua et Solal eut du mal à tuer en quatre assauts pour laisser une entière contraire concluante. Salut.

Nino (CFT) conclut la tarde par la lidia d’un pensionnaire d’Alain Tardieu auquel il proposa d’emblée des véroniques volontaires rématées par un farol, poursuivant par un joli quite por colleras avec Clément.

Dernier second tiers partagé par les garçons et tout autant applaudi, puis une faena appliquée sur les deux bords, le garçon se perdant un peu dans son toreo au final avant de se reprendre par trois manoletinas serrées. Bousculé lors de la première entrée a matar, Nino laissa une lame très latérale au troisième assaut, allant lui même retirer l’épée pour en finir ensuite d’une entière trasera. Vuelta.

C’est logiquement Clément Hargous, le seul à avoir coupé une oreille, qui fut déclaré triomphateur de la course. Une muleta lui fut remise par Arnaud Frade, délégué local de l’UCTPR.

Beau week-end taurin. Enhorabuena aux organisateurs !

Reseñas et photos : Paco.