Béziers. 24 mars. Intéressant Gala de Printemps.

Un Gala de Printemps intéressant, et qui a connu une belle affluence par rapport aux années précédentes, grâce au beau temps et malgré la concurrence du match de rugby opposant l’équipe locale à Biarritz.

Le rejoneador Mikael Toubas, doté d’une belle cavalerie, a ouvert la tarde par la lidia d’un novillo de Fano qui a joué le jeu, permettant au cavalier de clouer deux rejones de châtiment, quatre banderilles et deux courtes, le tout avec des résultats mitigés, la mise en mort en trois assauts à cheval et cinq descabellos n’arrangeant pas la sauce. Silence puis palmas de sympathie à la demande de Christian Coll, l’organisateur, précisant que le centaure revenait après une grave blessure.

Thomas Cerqueira reprenait les trastos après la grave cornada subie à Mauguio en juillet 2017. Le Gallon qu’il affrontait fut un peu long à fixer avant quatre élégantes véroniques et revolera. Brindée au docteur Nègre venu le soutenir avec son équipe, la faena connut quelques belles séquences, à gauche notamment avec de belles naturelles de face, car sur la corne opposée, le bicho avait tendance à se serrer sur l’homme. Deux oreilles après (et malgré) une lame caida.

Manuel Ponce, de Chiclana, nous gratifia d’une larga cambiada de rodillas a porta gayola, poursuivant par correctes véroniques. Bien débutée sur la droite, la faena tourna ensuite à l’avantage du novillo de Barcelo qui prit l’initiative des débats, emmenant le piéton progressivement dans son terrain d’où il refusa ensuite de sortir. Quelques muletazos dans les planches avant une entière percuecera (dans le cou) latérale. Oreille… de festival !

Tibo Garcia tomba sur un Tardieu plutôt faiblard qui fut ménagé en un picotazo unique. Sur la défensive, il cabecea beaucoup et compliqua la tâche du nîmois qui prit peu à peu la mesure de son opposant à la charge désordonnée, parvenant à en tirer à force de volonté quelques estimables séries. Oreille après une entière complétée par un descabello.

Baptiste Cissé hérita quant à lui d’un tout petit Blohorn qu’il accueillit joliment par véroniques, farol, gaoneras et revolera. Pique légère pour la forme, puis brindis aux élèves de l’école taurine Adour Aficion avant une faena de bonne haute, plus compliquée à gauche où l’utrero, de peu de transmission, se montra un peu brusque dans ses charges. Au final l’animal se dégonfla et rompit le combat. Baptiste lui vola encore quelques muletazos dont deux circulaires inversées avant de l’occire d’un bajonazo. Oreille tout de même.

Yon Lamothe, face à un eral de Jalabert, est passé un peu inaperçu. Quelques véroniques près des planches, puis une rencontre avec le picador, l’encadrement du novillero jugeant nécessaire l’intervention du uhlan (n’était-ce pas au palco de décider de l’opportunité de le piquer ?). Le novillero de Tartas invita ensuite son opposant à une (trop) longue faena ambidextre un peu fade (à mon avis), conclue par quatre manoletinas serrées. Demi-lame delanterita. Silence après avis.

Le bon Margé sorti en septième position permit à Nino Julian de s’exprimer pleinement, au capote d’abord par véroniques serrées et volontaire, suivies de chicuelinas et larga, aux banderilles ensuite, puis muleta en main où toute la joie de toréer du garçon fut visible et appréciée. Des muletazos sur les deux bords donnés avec beaucoup d’alegria et de poder, sans tricher, jambe de sortie en avant et mains fermes. Vraiment un moment des plus plaisants. Deux oreilles malgré un bajonazo porté en rentrant droit, le coeur suivant l’épée. Belle démonstration de Nino qu’on aura plaisir à revoir très vite.

Une agréable tarde dont l’organisateur souffrant ne put profiter pleinement, quittant les lieux à la mi-temps. Souhaitons à Christian, qui se démène depuis des années pour monter ce spectacle, de retrouver très vite une santé suffisante pour continuer de s’adonner à sa passion (qui est aussi la nôtre).

Reseña et photos : Paco.

La matinée était réservée aux élèves de différentes écoles taurine qui firent leurs gammes sous la direction de Richard Milian. Très présent auprès des aspirants qui se mesuraient à des vaches de Margé, le maestro a su donner de l’intérêt à cette mise en bouche matinale.

Photos : Jean-Claude Lemelle.