Valencia. 16 mars. Oreille pour Ponce et Ureña.

Comme on l’avait précédemment annoncé, suite au forfait de José Maria Manzanares, la corrida du samedi s’est transformée en un mano a mano entre Enrique Ponce et Paco Ureña, rencontre arbitrée par les toros de Juan Pedro Domecq.

Des toros justement qui, comme d’habitude, donnèrent quelques illusions à leur entrée en piste, semblant vouloir tout casser mais n’ayant pas les moyens de leurs ambitions. Et on ne le répètera jamais assez, des bichos toujours piqués bien trop en arrière. Un seul picador a joué le jeu en posant honnêtement son fer. C’est peu !

Enrique Ponce ouvrit les débats face à un Juan Pedro qui ne lui donna guère l’occasion de composer le toreo précieux habituellement prodigué. On ne retiendra donc que des détails de la première prestation du Maestro de Chiva. Silence.

Face au troisième qui garda la tête haute, Ponce plia élégamment le genou pour de suaves véroniques de réception, puis composa une faena à la fois technique et précieuse, gommant avec le métier qui est le sien les défauts de l’animal pour l’inviter à collaborer. Oreille malgré une lame mal placée.

Le quinto, qui était l’un des deux meilleurs Domecq de la tarde avec le quatrième, inspira très vite le roi Enrique qui à nouveau plia le genou avec élégance, gardant l’animal dans sa muleta pour composer un trasteo de belle note artistique, principalement sur la corne droite. Ponce raccourcit intelligemment les distances quand le toro baissa de ton pour lui proposer son habituel final par poncinas. Alors que la Puerta Grande était au bout de l’épée, l’acier fit défaut et la récompense se limita à un salut.

Belle ovation pour Paco Ureña qui empruntait son « nuevo camino » comme le précisait le clip vidéo proposé avant ce premier rendez-vous. Un chemin qui semble proposer de belles choses car le torero de Lorca sut retrouver assez facilement le sitio pour une première faena de correcte facture hélas un peu contrariée par le manque de présence du cornu. Une première approche qui rassura le lorqueño et le public. Silence.

Le bon quatrième permit au garçon de développer le toreo classique et pur qu’on aime. A droite comme à gauche la faena fut empreinte de naturel, la main souvent basse et la position verticale et relâchée. En bref, Ureña fut a gusto, et sa faena évolua a mas. Alors qu’on attendait un final triomphal, les deux oreilles du Domecq semblant acquise, le torero pincha avant de laisser un estoconazo qui coucha le cornu. Oreille largement plébiscitée.

Brindée à Rafaelillo, la dernière faena fut de bon niveau mais il y manqua le sel qu’apporte le toro. Plutôt fade, ce dernier Juan Pedro ruina les espérances de Puerta Grande de Paco Ureña qui s’en tira mieux que bien, terminant dans les terrains de proximité avant de connaître quelques difficultés lors de la suerte suprême. Salut.

A l’issue du paseillo, Santiago Lopez reçut une plaque souvenir pour commémorer ses 50 ans d’alternative.

Reseña : Paco (devant sa télé)
Photos : Arjona (aplausos.es)