Valencia. 15 mars. Consécration de Roca Rey.

Le jeune péruvien Andrés Roca Rey était attendu et il n’a pas déçu le public qui a fait afficher un « No hay billetes » à la taquilla.

Les toros de Victoriano del Río et Toros de Cortés (3º et 6º) ne furent hélas pas à la hauteur du cartel, correctement présentés mais manquant de présence pour une bonne moitié, le quinto s’extirpant un peu de la fadeur générale.

El Juli, chef de lidia du jour, jouait pour la circonstance le rôle de parrain venu conférer l’alternative au local Jesús Chover. Ce dernier ne brilla pas spécialement face au toro de la cérémonie, signant un toreo un peu approximatif face à un bicho qui, sans être exceptionnel, permettait plus. A retenir quelques correctes séquences droitières avant une lame desprendida ne justifiant pas la pétition que le palco refusa justement de valider. Vuelta. 

Face au sixième, reçu a porta gayola comme le premier, le garçon ne fut guère plus convainquant. Capeador correct, banderillero pas très adroit, muletero sans grande classe, le torricantano ne me semble pas avoir un grand avenir. A sa décharge, le pupille de Toros de Cortes ne l’aida guère. Silence après un final en deux assauts.

El Juli tomba sur un premier adversaire dépourvu de race et de forces. Privé de matière première, le madrilène n’eut guère d’option que celle de ne pas prolonger indéfiniment les débats (silence). Pas mieux servi par le quatrième, El Juli dut ranger les trastos sans en avoir fait grand usage. Nouveau silence.

Reste Andrés Roca Rey qui, à vingt ans, apporte beaucoup de fraîcheur et de spontanéité dans les ruedos. Face à un premier adversaire de peu de fond mais noble, il signa une première faena ambidextre de bon niveau qui lui valut de couper la première oreille de la tarde après une bonne lame portée au second assaut.

Le quinto avait sûrement le meilleur potentiel du lot. Le garçon s’en aperçut très vite dès l’entrée en matière au capote. Le dernier tiers fut de haute note, Roca Rey signant des séries ambidextres rectilignes avant de ployer le bicho et de se l’entourer à la ceinture, l’ensemble avec beaucoup de maîtrise et de bon goût. Hélas l’estocade résulta bien basse, un quasi-bajonazo qui ne l’empêcha pas de couper les deux oreilles de son opposant.

Quite à passer pour le râleur de service (il en faut), vu le point d’impact de la rapière, l’octroi d’une double récompense me semble excessif et pourrait encourager le garçon à poursuivre dans la voie de la facilité. D’autres avant lui l’ont fait, face à un public manquant de plus en plus de critères.

On déplorera tout autant les piques traseras qui sont devenues la norme et qui donnent peu d’avantages au toro. Mais à l’heure actuelle les spectateurs se soucient-ils encore du toro ?

Reseña : Paco (devant sa télé).
Photo : Arjona.