Olivenza. 10 mars (tarde). Une oreille pour Morante de la Puebla.

Après-midi sous le soleil brûlant et la chaleur, arènes quasi-combles, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Daniel Ruiz de 548 à 525 kilos, tous une seule pique parfois sans grande bravoure. Un lot parfois décevant par une noblesse peu marquée.

  • Morante de la Puebla (rouge et or) : au premier, un pinchazo, une entière, une oreille ; au quatrième, une demi-lame et trois descabellos, silence.
  • Andrès Roca Rey (marron foncé et or) : au deuxième, une entière, rares applaudissements ; au cinquième, avis, une entière, deux oreilles.
  • Ginés Marín (bleu clair et or) : au troisième, un pinchazo, une entière, avis, une oreille ; au dernier, un pinchazo, avis, une entière, une oreille.

L’intérêt de cette course résidait dans la présence de Morante de la Puebla. Il n’aura pas laissé passer son premier adversaire et a montré à la jeunesse ce que c’est que la lenteur, le rythme et l’harmonie en tauromachie. Le reste de la course était d’un intérêt bien moindre, surtout avec un Roca Rey qui n’était pas au mieux de sa forme.

Morante de la Puebla, s’invitant en trois véroniques d’enfer et une demie à couper le souffle après la pique, se bornera à un classicisme parfait dans des muletazos interminables. Il jouera ensuite sur les deux mains, mettant toujours sa lenteur et son temple en avant. Après une série ponctuée de changement de main, ce fut le règne d’une immense Morante. Sa lenteur et sa profondeur demeureront encore pour longtemps des références que ne représente pas la seule oreille coupée.

A part quelques belles véroniques, la seconde sortie n’aura que peu d’intérêt… mais on avait déjà été récompensés.

Andrès Roca Rey n’était sûrement pas dans un bon jour. Très moyen à la cape dans ses deux sorties, il ne sera pas parvenu à convaincre au début. Il fut nettement mieux par la suite, mais à trop se confier, il fut bousculé de manière spectaculaire et eut trop souvent par la suite un toreo hoquetant. Techniquement il fut très bien mais avec une fâcheuse tendance à séduire le public.

Ginès Marin jouait une course imprtante pour sa future saison. Malheureusement il n’est pas tombé sur les meilleurs Daniel Ruiz. On retiendra une impressionnante série à gauche, le seul moment où il dominera son premier adversaire. Par la suite cette même main gauche le fera surnager d’une faena indigeste et interminable. Mais le garçon a chaque fois montré une vrai volonté de victoire. Examen de passage réussi.

Morante aura été le grand intérêt de cet après-midi qui terminait la Feria d’Olivenza.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.