Olivenza. 10 mars (matin). Un triomphe trop longtemps attendu !!!

Ciel éclatant d’une pureté parfaite, trois quarts d’arène, trois heures dix de spectacle.

Sept toros de Zalduendo de 548 à 501 kilos, bien présentés, tous une pique, le troisième changé après les banderilles, sur boîterie par une toro du même fer.

  • Antonio Ferrera (bleu et or) : au premier, un pinchazo, une demie, un descabello, avis, salut ; au troisième, avis, une entière, deux oreilles.
  • Sébastien Castella (rouge et or) : au deuxième, avis, une entière, un descabello, deuxième avis, une oreille ; au cinquième, une entière, avis, une oreille.
  • Miguel Angel Perera (bleu foncé et or) : au troisième, une entière, suivie d’une très longue agonie, un avis, une oreille ; au dernier, une entière, avis, une oreille.

.

Avons-nous assisté à la corrida du temps perdu ? Plus de trois heures de course avec six avis… presque de l’irrationnel. Mais sûrement pour les trois toreros, pour diverses raisons il était essentiel de triompher ici. Aussi les faneas furent interminable,s souvent en deuxième partie sans le moindre intérêt. Il fallait faire durer pour convaincre et séduire le public, ce qui fut parfaitement réalisé. On peut estimer que plus de la moitié des oreilles furent celles des demandes des aficionados et que la présidence céda à la  vox populi.

Antonio Ferrera, chaque fois moyen à la cape, ne parvint jamais à s’imposer lors de son premier combat et fut même souvent en difficulté. Par contre son retour fut par instant une véritable leçon de tauromachie. Après avoir trouvé l’ouverture à gauche, il s’engagea dans une longue série de naturelles. Il voulut poursuivre sur la main droite, en laissant l’épée… mais il lui fallut le pico dans toute sa splendeur… Malgré cette petite scorie on a retrouvé un Ferrera conquérant.

Sébastien Castella, sans grand intérêt à la cape, commença par des instants de séduction avec des muletazos très bas et lents. Mais après quelques naturelles, il abandonna ce style de bon goût pour une tauromachie populaire. Ensuite il profita du voyage de son adversaire et ne força son talent que dans des desplantes pour séduire le public… qui le lui rendit bien et lui permit une sortie en triomphe.

Miguel Angel Perera qui se substituait à Emilio de Justo, toujours en convalescence de sa blessure de Vistalegre, a très vite témoigné d’une volonté de triomphe. Il parvint à convaincre grâce à quelques naturelles somptueuses et lentes.  Il donnera une série à gauche de cette amplitude avec le deuxième adversaire, mais avec le tort de faire durer et de perdre les bénéfices des excellentes premières séries.

Une corrida bien longue pour des moments souvent surpayés mais le chaleureux public d’Extremadura a eu sa sortie en triomphe.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.