Pontonx. 24 février (matin). Julio Aparicio : le temps retrouvé.

La nostalgie…il y a peu de vocables pour la traduire ; mais Julio Aparicio est l’un de ces mots qui peuvent y parvenir.

Dimanche matin, à Pontonx-sur-l’Adour, Julio Aparicio nous a fait trembler d’émotion et d bonheur. C’était au cours d’une tienta qu’il partageait avec Juan Leal face à des vaches d’Andoni Rekagorri toujours difficiles et compliquées.

Avec le second animal, compliqué à souhait, Julio Aparicio retrouva sa magique ceinture avec des derechazos d’une lenteur magique, interminables, avec une muleta des plus basses. Le torero de Séville n’avait fait aucun effort d’habillement, une veste légère et beige, un pantalon à peine plus foncé, mais un poignet éternel, celui qu’il avait montré en 1985  à Floirac, celui de l’éternité de la tauromachie.

Julio Aparicio, le géant, le colosse, était pour son bonheur et le nôtre à Pontonx. Un immense moment de tauromachie, quelques larmes qui perlaient, ça et là, au coin des yeux, et Juan Leal qui, avec la dernière vache, réussit, lui aussi, un grand moment. Pour les deux maestros, à vingt ans de distance, c’est cette même éternité de la tauromachie. Même si les vaches n’ont pas toujours été faciles, propices à ce genre de rencontre, la maîtrise d’un grand maestro a permis un matinée de rêve… La tienta était complété par la participation des élèves d’Adour Aficion avec notamment Jean-Baptiste Lucq.

Entre Julio Aparicio, le maestro, Juan Leal, et les plus jeunes qui ne rêvent que de tauromachie, le trait d’union était en place. Moments d’éternité et de bonheur partagés par une grosse centaine d’aficionados. On est partant pour une nouvelle expérience. 

A Pontonx, Julio nous a séduits, en nous faisant pleurer et regretter le temps qui s’écoule inexorablement. Mais dimanche, l’espace d’un moment, ce fut le temps retrouvé.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.