Pontonx-sur-l’Adour. 23 février. Quatre Espagnols dominent La Fragua.

La première partie du Certamen La Fragua, à Pontonx-sur-l’Adour, s’est terminée avec quatre très intéressants finalistes.

Il fallait batailler dur pour s’imposer sur ce panel de douze candidats issus des meilleures écoles taurines françaises et espagnoles. Ce sont en fait ces dernières qui ont trusté les quatre premières places, s’imposant logiquement sur les Français et un Mexicain.

Ce fut une sélection difficile avec douze vaches, souvent compliquées, jamais faciles, douze vaches qui exigeaient un excellent niveau technique ; Jesus Moreno, Miguel Polope (Valence), Valentin Hoyos (Madrid) et Victor Acebo (Jaen) avaient cette formation mais en outre possédaient une pointe de courage qui, au final, a fait la différence face à ces terribles vaches de Andoni Rekagorri. Un seul regret, un public trop peu nombreux.

Jesus Moreno, bon capeador, a ensuite servi d’interminables muletazos débordants de profondeur et de rythme, malgré malgré la violence d’un animal qu’il a presque dompté. On peut aussi penser que ce fut la vache la plus facile… mais elle était tout de même très pimentée.

Miguel Polope, le matin a eu une vache très compliquée et fut souvent débordé. Par contre, l’après-midi, il a marqué les points qui lui manquaient en conduisant avec précision son adversaire, et finissant par dominer cette furie qui quittait suelta le cheval et poursuivait tout ce qui bougeait. Il signait une excellent série de muletazos, qu’il soulignait de quelques naturelles très lentes.

Valentin Hoyos, qui n’est pas un inconnu dans le Sud-Ouest, a confirmé tout le bien que l’on pensait déjà de lui. Il nous a proposé un excellent festival avec une muleta très basse, à la limite de l’équilibre du torero et se déplaçant avec beaucoup de lenteur. Il n’y avait pas là les manières d’un débutant. Artiste le matin, il démontrera son courage l’après-midi. Mais l’exercice était bien compliqué pour arrêter une pareille fuyarde.

Victor Acebo est lui aussi un excellent muletero qui a toréé avec beaucoup de temple et a su dominer son adversaire matinal. Sa muleta nous révéla de multiples surprises. Par la suite il n’a fait que confirmer ces excellents comportements. On est face à un excellent torero qu’il serait intéressant de revoir devant un bétail moins compliqué.

Quatre novilleros qui auront ce dimanche les moyens de dominer un lot d’erales que les organisateurs qualifient déjà de difficile. La Fragua ne sera jamais le certamen de la facilité, bien au contraire.

Pour les deux Français de la compétition, Tristan Espigue et Nino Julian, la barre du bétail était particulière haute.

Tristan a été très technicien à la muleta, essayant de s’imposer avec la main gauche, mais il fut tout de même un peu débordé. Le soir il fut plus maître de lui et montra les capacités pour être sélectionné, mais il y avait plus fort que lui.

Quant à Nino, il déborda de courage dès le matin face à une vache dure et exigeante. Le soir, toujours ce même courage volontaire et surprenant, et chaque fois il tenta tout pour un toreo classique qu’il ne parvint pas à imposer.

Le Mexicain Emilio Ortega doit encore apprendre la douceur et à lier ses passes avec lenteur.

Emilian Robledo est un bon capeador et ne se laissa pas impressionner par quelques accrochages.

Guillermo Garcia semblait un peu en-dessous de ce lot très relevé de novilleros et de vaches.

Ignacio Candelas, très appliqué, a manqué de profondeur et fut souvent en difficulté.

Alvaro Chinchon fut débordé le matin, un peu mieux l’après midi avec une certaine maîtrise mais sa tauromachie est encore incomplète.

Enfin José Maria Trigueros, une excellente muleta pour un beau toreo de salon, et hier il fut trop souvent en mauvaise situation.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Voir aussi les photos de Joël Buravand en cliquant ici : PHOTOS.