Avignon. Cheval Passion 2019.

Liberté, Egalité, Fraternité…

Quand il s’agit de jouer, hommes et chevaux sont toujours d’accord. Les choses se compliquent lorsqu’il faut travailler….

Images séduisantes et sympathiques s’il en est, les présentations en liberté, impressionnent toujours le grand public.

Ethologie, vous avez dit éthologie ! Monsieur Jourdain ne faisait-il pas de la prose sans le savoir ? N’y a-t-il pas des siècles que les vrais hommes de chevaux communiquent avec habileté avec leur monture ? Xénophon déjà 400 ans avant notre ère ne soulignait-il pas l’importance de la douceur dans le rapport avec le cheval ?

Bien sûr, les finalités n’étaient pas les mêmes.

Aujourd’hui nous sommes dans le loisir. Les frères Pignon excellent dans cet exercice. Pour cette 34ème édition des Crinières d’Or, ils étaient réunis sur la piste du Palais A en compagnie du frère aîné, artiste lui aussi, habile a manier le pinceau. Il en jaillit une création picturale au profit d’une œuvre caritative.

Uniformes.

L’idée de réunir le Maroc, l’Espagne, et la France sous un  dénominateur commun : Sécurité, Prestige, Tradition. 

La Garde Républicaine foule la piste avignonnaise depuis une trentaine d’années. Elle entretient avec le public de notre région un lien très fort. Elle a souvent innové. Cette année, elle guide les premiers pas de ses cadettes avec qui elle partage la vedette. Le public est conquis par le tableau offert à leurs yeux. Malgré des modèles de chevaux différents en taille, morphologie et locomotion, le mariage est heureux….Ouverture symbolique sur les cultures méditerranéennes réussie que nous aimerions voir se renouveler.

«Le respect de la tradition n’exclut pas l’amour du progrès».

Regroupés au sein de l’IFCE, les haras  évoluent. Un pôle sellerie exige savoir-faire et habileté. Des ouvriers de qualité oeuvrent actuellement à moderniser les selles, tant à piquer qu’à la française, utilisées pour la reprise des sauteurs du Cadre Noir.

Le challenge : alléger en gardant l’aspect des selles d’époque pour qu’elles soient plus adaptées aux chevaux modernes et offrant un meilleur contact à l’écuyer. Vaste programme et pari réussi.

Le projet a été initié par Michel Charrier, maître sellier à la Roche-sur-Yon et meilleur ouvrier de France. Aidé de 6 confrères selliers, dont Vincent Daladier du Haras du Pin, ancien sellier chez Hermès, et Philippe Roche, du Haras d’Uzès, qui multiplie des compétences dans la conservation du patrimoine hippomobile.

15 exemplaires de chacun des modèles ont été réalisés avec le soucis d’alléger et d’offrir plus de confort tant au chevaux qu’aux hommes.

Glamador.

En créant Crin Blanc, Denys Colomb de Daunant nous montra la Camargue telle que nous l’aimons aujourd’hui. Il fallait une suite à ce conte qui fit rêver des générations d’enfants et d’adolescents.

Cette suite, Denys nous l’offrit en 1953. Folco et Crin blanc s’étaient évanouis dans les flots, disparaissant physiquement pour entrer dans la légende camarguaise. L’esprit de Crin Blanc réapparaît dans Glamador, Fafaï prend la place de Folco.

Une île quelque part au milieu du bois des Rièges, repère de la bête, celle du Vaccarès, le décor est planté, l’histoire se poursuit. L’imagination du poète a libre cours, l’artiste capte les images, le rêve prend forme, le cinéaste s’amuse. Visionnaire, précurseur, Denys Colomb plante le scène qui met en évidence sa philosophie, posant sans doute la première pierre d’une relation particulière entre l’homme et le cheval Camargue.

Florian Colomb de Daunant et Sylvie Brunel ont eu à cœur de faire revivre l’oeuvre de Denys. Un coffret avec livre et DVD vient de voir le jour. Il se doit d’être dans vos bibliothèques et vidéothèques….

Angel Peralta.

Jeudi soir je dus quitter Cheval Passion pour évoquer le Centaure de la Marisma au Château Ricard qui recevait le Club Taurin de Marseille.

En compagnie de Marion Mazauric, j’ai eu le privilège de raconter l’homme, l’écuyer, le rejoneador, le séducteur, le poète, l’écrivain. Celui qui fit la plus longue carrière : 55 ans de rejoneo inventa de nombreuses suertes qui ont cours aujourd’hui encore..

Mentor de Léa Vicens, il fut à l’origine de nombreuses vocations. Pour ma part je lui dois l’étincelle qui me fit entrer un jour en tauromachie.

Angel nous a quittés à l’orée de la Feria de Abril. Il nous laisse ses « Cabriolas », « Chevaux et taureaux à Coeur Ouvert », « le Centaure de la Marisma », ces deux derniers édités et traduits en français aux éditions Au Diable Vauvert et auxquels j’ai collaboré pour la correction des termes techniques et pour la réalisation du glossaire.

Il y a aussi « la Sabitura de un jinete », « Cuchachera » et une multitude de poèmes et fandangos.

La tauromachie lui doit beaucoup, mais il a également marqué de son sceau le spectacle équestre. Il me souvient d’avoir dîné en sa compagnie au cabaret équestre d’une édition de Cheval Passion qu’il avait honoré de sa présence.

Compte-rendu : Freddy Porte. Photos : Martine Clément