Rion-des-Landes. 18 novembre. Alvaro Lorenzo, l’élégance et la simplicité, deux oreilles et la queue.

Dans cette ambiance chaleureuse et sympathique, si caractéristique à ce coin du pays Tartusate, Rion-des-Landes a mis un point final à la saison officielle taurine, dans le Sud-Ouest.

Une fiesta Campera qui s’est longtemps déroulé avec la présence de Juan Bautista, présent dimanche pour accompagner ses quatre toros et novillos (tous une pique) et un eral plutôt lourd.. Une fiesta campera où les trophées n’ont qu’une importance relative, toreros et public étant là, tout d’abord, pour se faire plaisir. Et ce fut le cas !

Octavio Chacon a ouvert les festivités, avec un toro, sûrement le meilleur du lot, dont il saura tirer le maximum. Tout commence par une belle frayeur, le torero voulant faire un farol à genoux, décontenancé par l’arrêt brutal du toro et sauvé par le quite d’un banderillero. Pour le reste, à la cape comme à la muleta, Octavio va toréer avec beaucoup de pureté et de temple, la muleta toujours tenue au milieu de palo. Une grand série, sur les deux mains, les pieds rivés au centre de la piste. Deux pinchazos et une entière pour en finir… et l’oreille des copains.

Thomas Dufau se montra très stylé avec le capote, dessinant d’interminables et immenses véroniques. Lenteur et profondeur dans les passes seront ses deux mots d’ordre. Mais comme à Rion on vient pour se faire plaisir, Thomas demande à Nicolas Bertoli de descendre de sa monture, prend sa place et pique lui-même.

Par la suite il servira une faena très templée à un toro d’une grande noblesse mais malheureusement un peu faible pour imposer un certain rythme à la rencontre. Un pinchazo a recibir et un quart de lame, toujours a recibir. Une oreille pour la vuelta.

Alvaro Lorenzo est celui qui aura témoigné le plus d’élégance à la cape. Des véroniques parfaites et une demie à couper le souffle. Sa tauromachie est épurée, simple, avec à tous les instants un sitio parfait. On l’aura apprécié sur ses longues séries à gauche. Mais sur les deux mains il fait souvent éclater les applaudissement spontanés du public. Tout au long de cette sortie, avec un toro ne débordant pas de force, il ne commettra jamais la moindre faute de goût. Un entière et deux oreilles et la queue pour un maestro en plein réussite.

Tibo Garcia revenait après son exploit de fin septembre. Il n’a pas pu le renouveler en raison de la faiblesse de son adversaire qu’il avait brindé à Bernard Langlade, le responsable de l’organisation. Il a signé de très belles attitudes et des naturelles de grande profondeur. Souvent très à l’aise et maître de sa rencontre, s’il est parfois débordé, c’est en raison d’une muleta tenue trop haut, pour maintenir le toro debout. Un pinchazo et une entière, une oreille.

Solalito, Solal Calmet, terminait cette matinée marquée par quelques chutes de pluie. Il ne s’est pas laissé impressionner par l’adversaire très sérieux que le sort lui avait attribué. A la cape, aucun reproche à formuler. Il va poser trois paires de banderilles avec une certaine réussite dont un quiebro à couper le souffle. Sa première partie de faena fut un modèle du genre, sur les deux mains, tant par le temple que la lenteur et la profondeur des passes. Mais le garçon eut le tort de trop faire durer et il perdit beaucoup de présence dans le combat. Dommage. Deux pinchazos et un demi-lame,  l’ensemble récompensé d’un oreille.

Excellente matinée taurine où les toros de Jalabert ne manquaient pas d’intérêt dans la présentation et le comportement, malgré leur faiblesse.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/)