Saint-Sever. 11 novembre. Yon Lamothe coupe la seule oreille de la novillada.

Petite entrée d’aficionados convaincus, pour clôturer la semaine taurine, température agréable, pluie fine à partir du troisième novillo.

Minute d’applaudissement à la mémoire de Marc Ducos et du novillero dacquois des années 80 Jean-Marc Laffite. Quelques anti-taurins menaient grand bruit sur le chemin des arènes.

Quatre novillos sans picadors, de Coquilla de Sanchez Arjona, bien présentés, lourds et hauts, avec toute de même quelques têtes pauvres.

  • Antonio Burdiel (bleu marine funèbre et or), au premier, une entière basse, petite pétition d’oreille, vuelta.
  • Villita (bleu marine et or), au deuxième, un quart de lame, un pinchazo, une entière, avis, silence.
  • Solalito (vert et or), au troisième, une entière, avis, deux descabello, silence.
  • Yon Lamothe (rouge et or) au dernier, une demi-lame, une oreille.

Yon Lamothe, sacré meilleur novillero sans picadors dans la journée, a confirmé son titre en coupant la seule oreille face aux novillos de Sanchez Arjona, de sa célèbre branche Coquilla. Il fut certainement un des plus à l’aise, dominant parfaitement son sujet avec une belle ampleur dans tous ses gestes. Beaucoup de suavité tout au long de sa faena et des passes très lentes, souvent interminables, surtout lorsque le garçon était sur la main gauche. Yon Lamothe n’a plus grand-chose à prouver dans cette catégorie. On devrait le retrouver, dès l’an prochain en novillada formelle. Il a terminé cette course avec une demi-lame efficace.

Antonio Burdiel avait ouvert la novillada avec un adversaire lourd et haut sur patte auquel il allait offrir des véroniques lentes et très précises. Il allait presque aussitôt prendre la main gauche et pratiquement ne plus la laisser de toute sa faena. On a senti un garçon qui, pour sa présentation en France, dominait parfaitement son métier. Son épée n’était pas très belle, vraiment un peu basse, ce qui lui coûta certainement l’oreille.

Villita hérita du Coquilla le plus compliqué et fut très souvent débordé, une situation qu’il ne connaît que rarement. Sur la main gauche ce fut plutôt du cafouillage que des naturelles. Pourtant, sans jamais baisser les bras, le garçon allait tout tenter. Mais l’équation était beaucoup trop complexe, ajoutant à l’ensemble une mise à mort difficile.

Solalito, une fois oublié la cape, nous a offert une tauromachie débordante de temple et de suavité. Des séries de passes, toujours très tranquilles et bien décomposées. Une petite leçon de tauromachie. Mais avec les Coquilla il fallait sûrement plus de volonté. Pourtant Solalito sait faire, mais on retiendra sa faena très charmeuse.

S’il n’ y avait pas eu la pluie cet après-midi aurait été excellente.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/)