Samadet. 4 novembre. Deux oreilles pour Dorian Canton pour la despedida d’Alberto Aguilar.

A Samadet, Alberto Aguilar aura eu une retraite, une despedida digne du grand torero qu’il a été.

Il l’a démontré face à un novillo pas toujours facile de Pagès-Mailhan. Le petit madrilène fut parfait à la cape, même plus. Après deux piques, et un brindis amical au public, Alberto est rapidement venu sur la main gauche où il dessina quelques naturelles parfaites et profondes.

On retrouvait là le grand maestro qu’il fut. Cette main gauche, il devra se battre pour la conserver. Mais à la mise à mort, si sa petite taille a encore été un handicap, après un pinchazo son courage lui a permis ensuite de clouer une entière et de couper une oreille. Maestro, tu as ta place quand tu veux dans le Sud-Ouest.

Rafael Perea « El Boni » avait ouvert ce festival avec une novillo du Marques de Quintanar. Il avait, avec bonheur, posé la troisième paire de banderilles, mais à la muleta il a connu quelques difficultés, reculant à la recherche d’un nouveau sitio. Il n’a pas véritablement impressionné, terminant par deux pinchazos et une entière basse. Silence côté public.

Davila Miura avec un novillo de Gallon Frères (deux piques), fut excellent sur les deux mains, facile à droite, mais beaucoup plus attentif sur l’autre main. Davila Miura fit rêver la trop petite entrée de Samadet. Et le sévillan, après une demi-lame, repartait avec une oreille.

Marc Serrano, le porteur du festival au profit des enfants malades, se retrouvait face à un Virgen Maria. Il nous donna une grande leçon de toreo de cape ponctuée par une immense demie. Marc Serrano est un torero complet. Il fut excellent à droite et finalement, avec beaucoup de volonté, il se surpassa sur la main gauche. Un quart de lame, deux descabellos et vuelta.

Antonio Nazaré, très à l’aise avec la cape, ouvrira une faena débordante de splendeurs. Mais le novillo de Marquès de Quintanar n’avait pas la capacité ni le souffle pour suivre. En milieu de faena, il renonça au combat net. Antonio n’avait plus qu’à se retirer sans tambours ni trompettes.

Arrivaient alors les plus jeunes :

Dorian Canton, avec une animal véritable Santa Coloma, domina à la cape, puis brinda à Aguilar et se retrouva rapidement sur la main gauche avec douceur. En fait ce sont les naturelles qu’il dessina avec beaucoup  de profondeur qui le sauvèrent et lui permirent d’obtenir deux oreilles. Ce novillo de Los Espejos, pur Buendia, fut exceptionnel. Son éleveuse d’Arle fut invitée à défiler. Elle se contenta d’un salut.

Jean-Baptiste Molas avec un novillo de Pagès-Mailhan, fut intéressant sur la main droite, mais sans le moindre recours à gauche. Mais le garçon n’essaya jamais de convaincre.

Jean Larrouquette « Juanito » terminait cette longue après-midi avec un eral d’Alma Serena (frères Bats) qu’il lui était interdit de tuer (trop jeune). Le garçon fut parfait, très sûr de lui, et prêt à intégrer l’échelon supérieur et le quartier des plus grands.

Reseña : Jean-Michel Dussol. Photos : Jean-Michel Dussol et Mathieu Saubion. 
Diaporama : Mathieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/)