Bouillargues. 6 octobre. Solalito et Yonnet, lauréats de la novillada-concours.

La novillada sans picadors-concours de Bouillargues avait une nouvelle fois réuni une belle chambrée d’aficionados, preuve du sérieux de l’organisation et de la qualité du spectacle proposé.

Et les présents n’ont eu qu’à se féliciter d’être venus soutenir le Club Taurin La Embestida qui oeuvre à son niveau pour le futur de la Fiesta en soutenant les ganaderias françaises et les jeunes pousses de la toreria.

En piste donc dans l’ordre de sortie des erales des Héritiers d’Hubert Yonnet, François André, Scamandre (Olivier Riboulet), Alain et Frédérique Tardieu, Malaga (famille Callet) et Piedras Rojas (Patrick Laugier) pour le vénézuélien José Antonio Valencia, élève de l’école taurine du Pays d’Arles, le nîmois Solal Calmet « Solalito » et le tarasconnais Tristan Espigue « Tristan », élève de l’école taurine Rhône Aficion.

« Malandrin », n° 675, des Héritiers d’Hubert Yonnet, né en mars 2016.

Bien reçu par José Antonio Valencia par une bonne série de véroniques dont une superbe genou fléchi, le novillo fut mené vers le centre pour y être fixé par une revolera, à nouveau genou fléchi. Solal intervint ensuite pour quelques véroniques et demie. Le second tiers, à charge du novillero titulaire, fut un peu chaotique à l’issue de la première paire de banderilles posée de poder a poder, le jeune vénézuélien perdant l’équilibre et se faisant bousculer par le Yonnet, heureusement sans mal. Suivirent deux paires al violin. Muleta en mains, le garçon commença par bien doubler le bicho avant de débuter sur la corne droite une faena ambidextre dont les meilleures séquences furent orchestrées à dextre, le novillo humiliant beaucoup moins sur le côté opposé. Final inégal avant deux pinchazos sans s’engager suivis d’une lame perçante puis d’un bajonazo vite retiré par la cuadrilla. Silence pour le piéton et arrastre applaudi.

« Fandango », n° 630, de François André, né en main 2016.

Un novillo dans le type de la ganaderia que Solal eut un peu de mal à fixer, laissant au final une paire de véroniques et une demie. Le jeune nîmois répondit ensuite par chicuelinas et revolera à un quite de Tristan par tapatias, saltillera et larga. Solal prit lui aussi les bâtonnets pour deux cuarteos et un sesgo por fuera. Face à un novillo qui mettait bien la tête à gauche mais qui sortait suelto à droite, le jeune nîmois composa une faenita de bonne facture sur les deux bords, les meilleurs muletazos venant avec plus de profondeur à babord. Entière trasera et caidita pour la conclusion. Oreille.

« Rompesillo », n° 615, du Scamandre, né en mars 2016.

Un novillo d’origine Guardiola (un sang qui se fait rare sur le marché de nos jours) que Tristan accueillit par bonnes véroniques et demie avant de laisser place à José Antonio Valencia pour quelques chicuelinas et revolera. Le jeune tarasconnais voulut conclure le tiers par tafalleras, mais une voltereta sanctionna sa première passe. Le garçon reprit très vite le capote pour véronique et demie. Face à un bicho qui fléchit une paire de fois, Tristan laissa sa muleta à mi-hauteur pour deux tandas droitières au terme desquelles il se fit désarmer. Le Scamandre s’avisa par la suite et se serra sur le piéton qui dut faire avec pour la suite, laissant sur le sable gardois deux bonne série de naturelles aidées entre autres tandas. Entière contraire tendida et trasera pour en finir. Vuelta.

« Lunero », n° 48, d’Alain et Frédérique Tardieu, né en avril 2016.

Correctement reçu par bonnes véroniques, le Tardieu s’en fut ensuite goûter au capote de Solal qui signa un quite par faroles et tapatia. Marco Leal, auteur d’un bon second tiers, fut ensuite appelé à saluer. José Antonio Valencia, après une entame de faena fleurie, bien dans le style sud-américain, dessina ensuite une faena ambidextre pléthorique face à un bon novillo qui faisait l’avion dans la muleta, une faena inégale où la quantité prima sur la qualité. On aurait aimé voir le garçon se poser et jouer sur la profondeur et le tracé des muletazos au lieu de toréer en regardant les gradins. Excès d’enthousiasme qu’on ne saurait blâmer chez un novillero, mais l’envie ne fait pas tout. Final par manoletinas avant entière contraire trasera et tendida, puis plus d’une demi-douzaine de descabellos. Salut.

« Bouna », n° 3, de Malaga, né en décembre 2015.

Un beau novillo que Solal accueillit par de bonnes véroniques et demie avant de convier Tristan à l’accompagner pour un quite par chicuelinas por colleras, un instant très apprécié par l’assistante. Suivirent trois bonnes paires de solal avant une faena débutée par une voltereta, le bicho venant sur le garçon après seulement deux muletazos. Heureusement l’incident fut sans conséquences. Le Callet, qui semblait tirer un peu une patte arrière, se révéla un adversaire incommode dans une muleta manquant un peu de la fermeté nécessaire  pour le soumettre. Faena ambidextre inégale où le bicho apprit vite, se serrant sur le nîmois et se retournant vite à l’issue des muletazos, cherchant l’homme derrière le leurre. Entière contraire trasera très à plat, descabello après avis et salut rapide du garçon.

« Romerito », n° 20, de Piedras Rojas, né en mars 2016.

Joli novillo, bien fait, avec un physique de petit toro. Après quelques véroniques, Tristan laissa son adversaire à José Antonio Valencia pour un quite par faroles avant de reprendre la main pour quelques chicuelinas. Salut de Dylan Raimbaud pour un second tiers bien mené. Débutée par statuaires et cambio por la espalda, la seconde faena de Tristan fut bien menée sur les deux bords malgré une voltereta qui laissa le garçon KO quelques instants. Conclusion par une trois-quart. Novillo déséquilibré vite puntillé par la cuadrilla. Oreille pour le jeune tarasconnais.

Note : une minute de silence fut observée à l’issue du paseillo en mémoire d’Alain Granier et de Luc Jalabert disparus depuis la précédente édition.

Le public fut ensuite convié à se rendre dans la Salle de la Bergerie pour la remise des prix (photo : Thierry Ripoll)

  • « Malandrin » des Héritiers d’Hubert Yonnet fut désigné meilleur novillo de la course. 4 voix sur 5 votants (le Tardieu aurait pu prétendre aussi au prix; 1 voix).
  • « Solal »  obtint le prix du meilleur novillero avec 2 voix (1 pour Valencia et 2 desierto).
  • Le Prix Pundonor 2018, remis à l’honneur par La Embestida, fut attribué au Docteur Bauchu, injustement décrié par la presse espagnole pour son intervention auprès d’un banderillero à Saint Martin de Crau.

 

Reseña et photos : Paco.

Le matin avait lieu une capea avec des élèves des écoles taurines Rhône Aficion et CFT face des pensionnaires de la ganaderia  Roumanille. Les apprentis purent faire ainsi plus ample connaissance avec le bétail, une étape vers une future carrière ? (photos : Jean-Luc Jouet)