La Feria de San Isidro 2019 par tirage au sort : évolution ou trompe-l’oeil ?

Simon Casas a annoncé lors du programme Kikirikí de la chaîne Toros que la confection des cartels de la prochaine San Isidro se ferait par tirage au sort.

Se basant sur le succès populaire de la Feria de Otoño qui, dit-il, a coûté 400 000 € de plus qu’en 2017, mais dont le bénéfice devrait avoisiner 100 000 € supplémentaires grâce à une fréquentation accrue, l’empresario nîmois a annoncé son intention d’appliquer le « bombo » à la prochaine San Isidro.

On pourrait trouver le concept révolutionnaire … s’il s’appliquait à la totalité des cartels.

Trois groupes de ganaderias seraient constitués :

  • le groupe A avec les ganaderias les plus demandées par les figuras : Juan Pedro Domecq, Garcigrange, Victoriano del Rio, Nuñez del Cuvillo, …
  • le groupe B avec des ganaderias moins « commodes » : Fuente Ymbro, Las Ramblas, Conde de Mayalde, …
  • le groupe C avec les ganaderias dites « dures » : Miura, Saltillo, Escolar, …

 

Le tirage au sort s’effectuerait au sein de chaque groupe, ce qui ne change pas grand chose à la situation actuelle des figuras qui alternent, tout au long des temporadas, partenaires et ganaderias d’un groupe très fermé et souvent peu accessible aux toreros plus modestes, à de rares exceptions près.

Simon Casas a précisé que les figuras qui souhaiteraient avoir un second, voire un troisième contrat, devraient entrer dans les tirages au sort des groupes B et C. Que croyez-vous que nos chères figuritas vont faire ? Se contenter d’un contrat (le plus probable) ou participer au tirage au sort du groupe B. On ne voit pas un Morante ou un Juli bien installés dans leur confort quotidien de toros faibles et commodes d’armures entrer dans le bombo du groupe C !

Simon Casas a aussi précisé que certains toreros du groupe C pourront, grâce à leur valeur, à leur art, et à leur mérite, entrer dans le « bombo » du groupe A.

Enfin, tout cela risque UN PEU de changer l’organisation, mais LE VRAI CHANGEMENT serait de proposer un tirage au sort pour tous, tous groupes de toreros et de ganaderias confondus. Mais ne rêvons pas ! Nous n’en sommes pas encore là et n’y serons sans doute jamais ! Le mundillo n’est pas prêt à se remettre en question. Et donc nous attend sûrement une petite évolution, en trompe-l’oeil…