Rion des Landes. 30 septembre. Trois oreilles et un rabo pour Tibo Garcia, deux oreilles pour Juan Molas.

Un temps radieux et une ambiance estivale régnaient ce dimanche pour cette matinée taurine organisée à Rion-des-Landes.

Étaient au programme une novillada de Camino De Santiago bien présentée, pour Tibo Garcia (oreille et deux oreilles et la queue) et Juan Molas (oreille et oreille) ainsi qu’un toro écarté par Baptiste Bordes et autre sauté par Guillaume Vergonzeanne et Dominique Larie
Tibo Garcia, pour son retour dans le Sud-Ouest, était en charge d’ouvrir le spectacle face un toro sans trop de forces de Jean-Louis Darré. Le torero nîmois reçut son opposant par de belles véroniques conclues par une media au centre de la piste. Muleta en mains, il démontra très vite son grand professionnalisme et dessina des derechazos rythmés et profonds. Le novillo manque de classe et ne permet aucune passe sur la corne gauche. Tibo conclut avec finesse sa faena par des statuaires et tue d’une entière foudroyante après un pinchazo. Une oreille bien méritée lança la course. 
Juan Molas, que l’on retrouvait après sa très bonne prestation dacquoise, lidia lui aussi son premier novillo par de douces véroniques. Il le mena par deux fois jusqu’au cheval où il s’employa longuement sous le fer, allant même jusqu’à renverser la cavalerie. Molas débuta le dernier tiers avec goût, enchaînant de bons muletazos par le bas. Une fois au centre, le dacquois proposa à l’assistance de jolies séries sur les deux cornes, profitant de la bonne collaboration du novillo. Les remates sont eux aussi de grande qualité et dispensés avec beaucoup de toreria. Une entière bien en place, après un pinchazo, lui permit d’obtenir lui aussi une oreille sensée.
Par la suite, deux grandes prestations des acteurs landais, face à deux toros de l’éleveur Guillaume Bats, contribuèrent à la très belle réussite du spectacle. 
Après un tour d’honneur des écarteurs et sauteurs, Tibo Garcia retrouvait la piste pour frapper un grand coup. Dès la sortie du cinquième novillo, le jeune novillero démontra alegria et ganas. Le cornu, qui sera peu piqué, démontra lui classe et promptitude dans les embestidas. La faena monta en puissance pour atteindre des moments de grande tauromachie. Le torero de Nîmes fait preuve de classe, il torée avec beaucoup de douceur, d’élégance et d’intelligence. Le novillo répète, Garcia délivre deux séries droitières d’une précision d’orfèvre qui font rugir le public. La main gauche est également fluide et profonde. Alors que le pensionnaire des terres gersoises finit par chercher légèrement les planches, Tibo l’invite à regagner le centre pour conclure sa faena d’une dernière très grande série à droite. Au moment de lever l’épée, plusieurs spectateurs demandent la grâce, que le ganadero refuse aussitôt. Une fois ce moment d’incertitude écarté, le novillero arme à nouveau l’acier pour délivrer une grande estocade à l’effet foudroyant. Deux oreilles sont accordées d’autorité et la très forte pétition du public obligea même le président à octroyer le rabo. Un grand coup frappé par Tibo Garcia qui a su sublimer ce novillo de vuelta. 
Pour terminer la novillada, Juan Molas fit parler sa fraîcheur au capote en délivrant un quite par lopecinas. Il accompagna subtilement ce dernier novillo qui, s’il ne possédait pas de défaut majeur, n’humilia pas vraiment. Qu’à cela ne tienne, le dacquois possède de la personnalité lui aussi et il ne s’est pas privé de le démontrer. Une nouvelle bonne oreille lui sera accordée après deux essais à l’épée, ce qui lui permit de sortir a hombros aux côtés de son compagnon de cartel. 
Une très belle matinée donc, où deux novilleros aux concepts différents et que l’on espère revoir en 2019, ont pu pleinement s’exprimer face un bon lot de Jean-Louis Darré dans son ensemble.
Photo du haut : Paul Ribat.