Mont de Marsan. 22 septembre. Blessure d’Emilio de Justo lors d’une course de Victorino compliquée.


Journée hommage à Victorino Martin Andres, pratiquement trois-quarts d’arène, soleil et température supportable, trois heures de spectacle.

Six toros de Victorino Martin Garcia, de 580 à 520 kilos, tous deux piques, châtiments toujours pris avec une belle noblesse. Toréables à la muleta mais toujours compliqués.

  • Luis Bolivar (bleu fané et or), au premier, un pinchazo et une entière, silence ; au quatrième, une demi-lame et un descabello, avis, applaudissements.
  • Emilio de Justo (bleu marine et or), au deuxième, un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Juan Leal (bleu tendance violet et or), au troisième, une entière, avis, vuelta ; prend les choses en main et se retrouve facilement en appui des machines en route.

Apostille.

  • A midi, Charles Dayaut, maire de Mont- de-Marsan, a remis la médaille de la ville aux toreros retraités Francisco Ruiz Miguel et José-Luis Palomar. Il s’agissait de rappeler la Corrida du Siècle du 1er juin 1982, à Madrid avec la sortie en triomphe de Ruiz Miguel, Luis Francisco Espla, José Luis Palomar et Victorino Martin Andrès.
  • Mathieu Guillon a salué aux banderilles.
Victorino Martin Garcia, Francisco Ruiz Miguel et José Luis Palomar

Une corrida de Victorino particulièrement compliquée, difficile, agressive, dangereuse par moments, qui a blessé son vainqueur, Emilio de Justo, le seul qui a réussi a dominer « Mosito », 520 kilos, qui a réussi à s’imposer sur la devise du A couronné. Mais cette domination il l’a payée d’une douloureuse blessure à la cuisse gauche. Malgré un cri et un rictus de douleur, il a voulu revenir de l’infirmerie pour en finir avec cette «alimaña». Certes, il a coupé une oreille, mais «il a accentué la gravité de sa blessure (8 cm) circulaire dans la cuisse gauche… Nous l’opèrerons dans la nuit pour qu’il puisse partir lundi matin pour assister aux obsèques de son père…», nous précisait le docteur Jean-Pierre Clarac. Par la suite, la corrida a, un peu, manqué d’âme mais est demeurée très compliquée.


Luis Bolivar
a ouvert les hostilités avec beaucoup de simplicité et de classicisme. On sent qu’il a une prédisposition pour la main gauche. Il insistera longtemps sur cette main avant de s’y révéler très à l’aise. Mais il ne parvient pas à convaincre le public avec ses efforts. Pour sa deuxième sortie, on trouve un torero très classiqe, totalement dans la logique de sa lidia qui terminera en arrachant à droite et en prenant quelques avantages à gauche. Avec le dernier qu’il doit tuer en tant que chef de lidia, il hérite d’un animal compliqué qui commencera par le déborder à la cape. Mais il reprendra rapidement toutes les commandes. Finalement Bolivar, combattant de l’impossible réduira tous ces Victorino.


Emilio de Justo
, auparavant, avait abordé la tauromachie gasconne. Rapidement à gauche ses passes et figures furent extraordinaires, on se prenait à rêver. A la fin de ses séries, il était régulièrement applaudi. Mais Emilio avait oublié le petit avis reçu lors du tercio de cape, et au cours de la faena, il se transforma en un châtiment au niveau de la cuisse gauche. Parti à l’infirmerie, revenu pour tuer, Emilio de Justo se confia alors, définitivement, au maestro de l’infirmerie. La course avait commencé par une minute de silence à la mémoire de son père disparu dans la nuit… un père auquel il avait brindé ce combat face à un Victorino.


Juan Leal
 a commencé par un terrible combat à la cape. Rapidement le public est avec lui et il se permet de toréer sur la main gauche. Il sera le seul à pouvoir s’encourager. Mais il s’imposera aux yeux du public par son style sur la main gauche ce qui lui vaudra de passer très près d’une oreille. Pour son dernier adversaire, brindé à notre ami et confrère Jean-Michel Mariou, Juan Leal ne fut jamais très à l’aise. Toutefois, il affrontera, essentiellement sur la main gauche, un animal compliqué et de surcroit andarin. Il était très difficile d’aller chercher des récompenses sur une seule voie.

S’il fallait résumer : une seule touche pour une sélection nationale.

Note : pour Emilio de Justo, cornada de deux trajectoires dans la cuisse gauche : une de 13 cm qui traverse le muscle horizontalement, une autre de 8 cm qui atteint et lésionne le nerf sciatique. Pronostic grave.

Reseña : Jean-Michel Dussol. Photos : Philippe Gil Mir.
Reportage photos : Romain Tastet.