Nîmes. 16 septembre (matin). Que de trophées !

Corrida mixte avec la cavalière Léa Vicens, Juan Bautista et Sébastien Castella. Temps lourd. Gradins remplis aux 4/5e.

Matinée particulière puisque Juan Bautista a récemment annoncé son retrait des ruedos. Toros de circonstance avec des Nùñez del Cuvillo plutôt bien présentés mais gras et Présidence de circonstance également en mal de mouchoirs.

Partie équestre par Freddy Porte.

L’Amphithéâtre était quasiment plein pour ce cartel franco-français. Le paseo s’immobilisa, la marseillaise retentit !….l’hymne national fut repris par l’ensemble du conclave.

Dès la dernière note, Léa Vicens se remit en mouvement effectuant un tour complet du ruedo dans l’attitude de l’appuyer tête au mur.

C’est avec Bach que Léa ouvrit les hostilités. Elle brinda à Juan Bautista avant de lidier le Carmen Lorenzo n° 23 – 530 kg. Un seul rejon de castigo trasero sur un Murube distrait au début, très noble mais de peu de transmission. La faena de banderilles débuta avec aisance avec Bético qui exécuta de bons déplacements latéraux agrémentés de contre changements de mains plaisants.

Bético : 3 bâtons ; 2 avec Diluvio ; 1 avec Deseado cité au terre à terre. Espontaneo permit une entière précédée d’un pinchazo : une oreille.

Le second de Léa,  n°3 – 537 kg, portait le fer de Capéa. Il sortit également distrait affichant peu d’intérêt pour le cheval jusqu’au premier puis deuxième castigos (traseros les deux) que la cavalière posa avec la complicité de la vaillante jument Guitarra. Ce second Murube s’avéra  être également très noble, humiliant toujours dans la queue du cheval. Il manqua aussi de transmission. Bético et Gacela eurent du mal à trouver la bonne distance et à rentrer dans le terrain du bicho un peu tardo. Il s’ensuivit quelques imprécisions dans la pose des banderilles et lors d’une tentative al violin. Fort heureusement Léa reprit les choses en main à mi-faena. Elle fut l’auteure de deux excellentes banderilles de face à piton contraire avec Bazuka. La meilleure fut la première. Avec Greco : deux courtes de bonne facture et une lame avec Espontanéo suivie d’un descabello : une longue pétition fit tomber un mouchoir du Palco.

Avec 2 oreilles, Léa sortit à hombros avec Juan Bautista (4 oreilles) et Castella (4 oreilles et rabo).

Alors que ses compagnons empruntaient la Porte des Consuls, la cavalière se dirigea vers la Porte des Cuadrillas.

Partie à pieds par Christophe Dumond.

Juan Bautista, après une chaleureuse ovation, hérite en premier lieu d’un gras Nuñez del Cuvillo qu’il reçoit proprement au capote avant une forte pique et une seconde plus légère. Pour cette despedida à l’aficion nîmoise, l’arlésien brinde son toro à Simon Casas et débute sa faena avec la muleta en main droite pour embarquer son adversaire vers le centre sans chichi. Puis une série gauchère lance la musique. Toujours centré, il dessine ensuite une nouvelle jolie série avant de changer de bord. Quelques redondos toujours au centre de la piste pour en terminer. Une entière basse a recibir et deux oreilles pour un travail propre et honnête. Vuelta très fêtée et Maestro visiblement très ému.

Son second cornu, distrait, prend deux piques quelconques. Brindis au public. JB entame sa faena vers le centre, muleta en main droite. Le bicho accuse une certaine faiblesse. Grand technicien, Juan Bautista réussit tout de même à extraire quelques belles séries de derechazos et de naturelles. Musique. Pour faire décoller un peu sa faena, il fait durer avec une série à genoux et en termine par des luquesinas et manoletinas. Un avis et il tente en vain un recibir et place une entière d’effet rapide. Deux mouchoirs blancs tombent gentiment du palco.

Sébastien Castella se fait désarmer au capote par son premier adversaire qui prend ensuite tout seul sans mise en suerte trois petites piques. Tercio de banderilles compliqué. Le biterrois commence par des doblones genou ployé. Une série de derechazos et une cambiada lancent la musique. Le Maestro, sans peser sur le noblissime cornu, multiplie les séries artistiques pour en terminer par quelques passes gauchères. Une entière hémorragique en arrière et deux oreilles à nouveau.

Le dernier de la soirée est un jabonero bien fait. Sébastien Castella frôle la correctionnelle en glissant devant lui au capote. Deux piques quelconques. Deux belles paires de banderilles à mettre au crédit de Rafael Viotti. Brindis aux étagères et le torero réalise comme à son habitude une cambiada au centre. Il continue muleta en main droite. La musique est déjà lancée. Il enchaîne avec des redondos et autres passes plus ou moins réussies mais appréciées du public. Il en termine en réduisant les distances et loge une entière après le premoier avis. Une fois de plus, la Présidence lâche les trois trophées sans aucune mesure, et y rajoute, ridiculement, une vuelta al ruedo du toro somme toute modeste collaborateur.

Pléthore de trophées, tout le monde a hombros, les deux piétons par la Porte des Consuls, et une Présidence des plus ridicules. A noter l’absence de gestes de Sébastien Castella envers Juan Bautista alors que Léa Vicens avait brindé son premier toro à l’arlésien pour sa despedida.

Jérémy Banti, qui officiait en tant que sobresaliente, n’a pas eu à intervenir.

Photos : Paco.