Nîmes. 16 septembre (tarde). La vérité de la Fiesta.

Beau et tragique final pour l’édition 2018 de la Feria des Vendanges avec une tarde de toros comme on en voit hélas trop peu.

Ainsi Octavio Chacon qui, après avoir reçu son premier par bonnes véroniques et demie, le fit piquer, lors de la seconde rencontre, à l’opposé du toril, histoire de bien mettre en valeur la bravoure de son adversaire. Et ce Victorino, qui humiliait sans innocence, qui se retournait très vite, avec une tendance à chercher les chevilles, fut petit à petit dominé, d’abord sur la main gauche, puis à droite pour parfaire le travail, avec toujours ce soucis de ne rien lâcher pour ne pas laisser au bicho l’initiative du combat. Trois-quart caidita pour parapher l’écriture de la faena. Oreille de poids.

Le quatrième voulut s’imposer d’entrée, mais c’est le gaditano (natif de Cadix) qui lui montra la voie en lui gardant la tête dans le capote pour lui faire traverser la piste avant de le fixer par une demie. Après une longue pique administrée en carioca, puis une seconde ration de fer plus légère, c’est encore sur la gauche qu’Octavio Chacon débuta sa faena par des naturelles aidées, de celles qui allongent la charge et qui montrent la voie, de celles qui enseignent qui est le patron, toujours dessinées sur la trajectoire parfaite dont on ne doit pas dévier pour vaincre. La corne droite, moins propice à l’exercice, fut aussi exploitée, dans une moindre mesure, mais toujours sans concession. Trois-quart contraire foudroyante au second assaut et nouvelle oreille tout aussi légitime que la première.

Emilio de Justo, après avoir capté son premier Victorino dans les plis de son capote, lui fit prendre deux rations de fer, trasera la seconde, avant de brinder son travail à l’ancien matador français Ludovic Lelong « Luisito » devenu son son mentor. Compliqué sur les deux bords car jouant des cornes comme un spadassin, le Victorino fut peu à peu soumis, bien que gardant ses difficultés, lors d’une faena dont on détachera quelques bonnes tandas, à gauche surtout. Sur la défensive au final, il réduisit ses charges et accrocha l’étoffe. L’extremeño s’en défit d’une quasi-entière tendida après pinchazo. Salut.

Pepe Moral débuta sa tarde en saluant son premier opposant par cinq bonnes véroniques et demie. Après deux rations de fer sans histoires (courte mais trasera et carioquée la deuxième), le sévillan débuta sa première faena par doblones genou fléchi, étoffant ensuite son trasteo par de bonnes séquences sur les deux bords, profitant de la bonne noblesse de son adversaire. Travail propre, bien construit, conclu par une lame traserita et tendida qui nécessita l’usage du descabello. Vuelta.

Le sixième jeta les pattes dans le capote dans son entrée avant de charger par deux fois le uhlan avec violence mais sans être trop longuement châtié. Bon second tiers à charge de Rafael González et Pascual Mellinas applaudis tous deux à l’issue de leurs prestations respectives. Les premiers derechazos qui initièrent la seconde faena de Pepe Moral, dessinés compas ouvert, furent longs et remarquablement templés, ce qui peut-être donna trop de confiance dans le bicho au garçon qui fut violemment cogido au final de la tanda et encorné à deux reprises (une blessure au scrotum, une autre plus superficielle dans le Triangle de Scarpa). Refusant de rejoindre l’infirmerie, il resta en piste pour y estoquer son adversaire après une tanda gauchère. Oreille pour le sévillan, un trophée que reçut la cuadrilla, Pepe Moral ayant été évacué vers l’infirmerie pour y être stabilisé avant d’être évacué vers l’hôpital local pour y être opéré. 

Sortie a hombros pour Octavio Chacon.

Tarde de confirmations pour les trois matadors qui se sont échangés les trastos à tour de rôle.

Une tarde dont on reparlera encore longtemps où trois toreros par leur professionnalisme et leur courage ont gagné le respect de l’aficion. A noter le bon travail du palco qui géra au mieux les débats.

Reseña et photos : Paco.