Dax. 9 septembre (matin). Triomphe de Baptiste Cissé.

Temps couvert, température agréable, petite entrée.

Six novillos de José Cruz, parfaits de présentation et de comportement, tous deux piques à l’exception du deuxième, trois châtiments. Rencontres poussées avec violence, le premier mettant le cheval en difficulté. Compliqués et très mobiles à la muleta, mais parfaitement toréables.

  • Baptiste Cissé (rouge et or), au premier, une entière a recibir et un descabello, une oreille ; au quatrième, une entière, deux descabellos, une oreille. Sortie a hombros.
  • Dorian Canton (bleu marine et or), au deuxième, un pinchazo et trois-quarts de lame, salut ; au cinquième, deux pinchazos, une entière, salut.
  • Jean-Baptiste Molas (ivoire et azabache), au troisième, trois-quarts de lame, trois descabellos, avis, salut ; au dernier, une entière, une oreille.

En novillada sans picadors, José Cruz n’avait jamais déçu… Il est reparti sur la même voie en novillada formelle, comme l’a démontré le lot qu’il a présenté à Dax. Trois oreilles coupées. Mais surtout des novillos bien présentés, les trois premiers avec de forts belles têtes et remarquablement armés. Suivant la muleta avec noblesse mais sans fadeur… de quoi avoir droit au salut de José Cruz et à la sortie en triomphe de son mayoral.

Baptiste Cissé, huit jours auparavant à Bayonne, était passé sans convaincre. Hier, c’est un novillero métamorphosé que l’on a vu. Excellent à la cape, avec le premier il débute par des passes changées dans le dos, cite souvent de loin pour terminer dans de longues séries au centre de la piste. Un toro noble mais très piquant. Le suivant beaucoup plus compliqué, avec pour pimenter, un extraño à la cape qui l’oblige à sauter la barrière. A la muleta l’animal n’est pas très clair, mais Cissé pèse sur lui et le force à suivre le drap. Il fait tout cela avec beaucoup de sérénité et de tranquillité, et se balade d’une main sur l’autre avec aisance. La faena, pour la seconde fois, est parfaite. Voilà une façon d’avoir chaque fois un trophée  et de sortir en triomphe.

Dorian Canton, triomphateur la semaine précédente, ne pouvait rien faire avec le sorteo de Dax. Il écopait des deux plus mauvais novillos du lot. Pourtant le landais n’a jamais baissé les bras et a lutté chaque fois avec vaillance. Il a obligé ses adversaires à humilier et a maîtrisé sur les deux mains. Dorian Canton ne pouvait pas triompher, mais à chaque fois il a toréé avec beaucoup de maîtrise, démontrant ses belles qualités.

Jean-Baptiste Molas, pour sa première novillada piquée, a franchi avec succès cette nouvelle étape. On a apprécié un novillero qui, chaque fois, a toréé avec lenteur et beaucoup de temple. On sentait un garçon totalement sûr de lui, et lors de sa première sortie il fut extraordinaire sur la main gauche. La seconde faena est par moment très fine, avec deux trincheras d’enfer dès le début. Mais cette faena, avec ses grands moments, ne s’est pas très bien terminée, sombrant à la fin dans une certaine confusion. Son magistral coup d’épée final convertit l’ensemble en une oreille.

Un excellente novillada avec ce merveilleux bétail de José Cruz que l’on reverra très certainement à Dax.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Jean-Pierre Souchon.