Dax. 8 septembre. Emilio de Justo triomphe des Victorino.

Arènes bien occupées, soleil et température agréable, deux heures quinze de spectacle.

Six toros de Victorino Martin, parfaitement présentés, de 575 à 505 kilos, chez l’éleveur. Tous redoutablement armés dans les différents registres du veleto. A la muleta, souvent compliqués et obligeant à la lutte. 

  • Curro Diaz (rouge et or), au premier, une entière, silence ; au quatrième, un pinchazo et une entière, silence.
  • Emilio de Justo (bleu marine et or), au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille et sortie en triomphe.
  • José Garrido (rouge et or), au troisième, deux pinchazos et une entière, silence ; au dernier, trois-quarts de lame, quatre descabellos, avis, silence.

La corrida de Victorino Martin, qui ouvrait ce samedi la feria Toro y Salsa à Dax, était splendide, compliquée et dangereuse, et cet après-midi du courage fut sauvé par Emilio de Justo, héros de Dax devant les Victorino Martin… aucune contestation possible. Un lot venu de Las Tiesas, impressionnant de présentation, des têtes à faire fuir les plus courageux, veleto… des cornes relevées à toucher le ciel et effilées à l’extrême. De véritables sabres de spadassins.

Emilio de Justo, chaque fois, s’est montré grand et conquérant. Chaque fois il s’est battu, dès la cape comme un beau diable, pesant avec force et parfois violence sur son adversaire. Avec le premier il témoigna de beaucoup de temple et de douceur, et lorsqu’il prenait la gauche, sa muleta devenait ensorceleuse… Mais c’est sur les deux mains, avec quelques trincheras pour aller de l’une à l’autre, qu’il nous fit rêver. Son deuxième Victorino, particulièrement compliqué et agressif, aurait pu le faire plier. Pas question d’abandonner ! Emilio n’a pas hésité à se jouer la vie, l’adversaire promenant ses cornes à quelques millimètres du torero. Jamais Emilio n’a reculé, et ses passes, sur la main gauche, furent un modèle de combat, faisant humilier à la perfection. Une oreille chaque fois, les oreilles de la volonté et du courage, les oreilles d’un torero bien décidé à ne laisser jamais passer la moindre chance qui lui est offerte. Hier à Dax il a confirmé cette volonté. 

Curro Diaz  fut celui qui apporta la déception. Certes ce genre d’élevage n’est pas sa tasse de thé, mais avec un peu de volonté, il avait largement la capacité de s’inscrire en vainqueur de Victorino. Certes son premier adversaire n’avait pas de grandes qualités pour faire monter l’émotion dans les gradins, plutôt soso, tardo dans ses charges. Toutefois il réussit à dessiner de bons moments, et sur la gauche parvint à toucher un certain bonheur. Il aurait pu concrétiser avec le second, nettement plus Victorino. Mais accroché au premier tiers, obligé de sauter la barrière pour s’y réfugier derrière, dès cet instant son envie de toréer était grandement handicapée. Aussi il s’en tira en quelques passes prudentes avant d’aller chercher l’épée et d’en finir avec un moment traversé sans la moindre confiance.

José Garrido laissait supposer plus de métier et de domination. Sa première sortie donna une faena sur les deux mains… avec beaucoup de difficultés sur la gauche. Souvent il fut obligé de reculer et de se replacer sans cesse entre deux passes. Par la suite, tant à la cape qu’à la muleta, il ouvrit par des passes très basses, châtiant et faisant humilier le toro. Mais il ne s’imposa jamais et finit par devenir brouillon et ennuyeux.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Jean-Pierre Souchon.