Bayonne. 1er septembre (tarde). Flores, Campos et Galdos coupent une oreille aux Margé. Grave blessure pour Thomas Joubert.

Formule pour le moins originale ce samedi à Bayonne, six toreros face à une encierro de Robert Margé.

Un lot très bien présenté de 476 à 520 kilos, généralement armés dans le registre de l’excès et de l’outrance. Tous deux piques, à l’exception des deuxième et quatrième, trois châtiments. Robert Margé avait envoyé une très joli lot qui dans l’ensemble a été agressif et mobile, permettant une course parfaite de bout en bout. Une corrida entretenida comme on le dit en Espagne.

Malheureusement la course a été perturbée par la grave blessure de Thomas Joubert. La course a été suspendue pendant une trentaine de minutes, laissant penser au pire. Puis on a appris que le torero avait été transporté à l’hôpital et opéré dans de bonnes conditions.

Thomas Joubert (bleu et or), après un excellent début à la cape et des quites magnifiques par orteguinas, ouvre très tranquillement sa faena. Après quatre ou cinq passes, c’est l’accident. Le garçon est jeté au sol. Il se relève, court vers le burladero… puis est emporté à l’infirmerie par ses peons. Au final, fémorale arraché dans une blessure de 22 centimètres avec une très importante hémorragie.

Sergio Flores (gris et argent), le Mexicain, tue d’une entière, d’une demie et deux descabellos le toro de Thomas qu’il a travaillé pendant quelques minutes. Sur son adversaire on retiendra une extraordinaire série à droite. L’animal est compliqué, il l’oblige à interrompre en s’arrêtant dans les passes. A gauche le danger est tout aussi flagrant et il sera contraint d’en finir rapidement. Il expédie son adversaire d’une épée d’effet foudroyant et coupe une oreille.

Tomas Campos (blanc et or), après un bon tercio de cape, inscrit sa faena dans la douceur et l’harmonie. Il plait au public, les applaudissements éclatent, comme la musique. Il s’attardera ensuite à gauche, et terminera avec douceur. Un pinchazo et une entière, une oreille et toro applaudi à l’arrastre.

Francisco José Espada (blanc et argent), très moyen à la cape, se retrouve rapidement devant un animal qui le cherche de la corne et lui lance quelques derrotes particulièrement criminels. Sa faena terminera dans l’hésitation avec un animal qui tombe dans le «soso». Il passe assez inaperçu et finit avec un pinchazo, trois-quarts de lame et quatre descabellos, écoutant en outre un avis.

Joaquim Galdos (bleu marine et or), se montre excellent à la cape. Le jeune péruvien va commencer à la muleta avec un véritable festival de changements de mains et des muletazos à droite très lents, bas et interminables. Il déclenche les applaudissements. La suite de sa sortie sera d’une belle élégance en sautant toujours d’une main à l’autre. Son coup d’épée est magistral, rapide et efficace. Une oreille… en fallait-il deux ? Le garçon s’offre deux vueltas.

Pablo Aguado (vert et or) témoigne de l’harmonie de l’école sévillane à la cape. Mais par la suite il tombe sur un toro peu intéressant, de charge très moyenne, qui ne répète pas. Il tente tout sur les deux mains. Mais il devra se retirer sans jamais avoir aperçu le moindre espoir de succès. Il termine d’une entière basse. Silence.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Jean-Pierre Souchon.