Rion des Landes. Retour sur la NSP du 19 août. Nino Julian a hombros.

Un tout petit quart d’arène, une heure vingt de spectacle, temps ensoleillé et encore frais.

Trois erales d’Alma Serena (frères Bats), bien présentés, le premier très encasté et noble, les deux autres une légère tendance à la fuite.

  • Valentin Hoyos Calama (vert et or), un pinchazo, une entière, avis, une oreille.
  • Adam Samira (bleu roi et or), au deuxième, une demi-lame, silence.
  • Nino Julian (blanc et or), au troisième, une entière, deux oreilles, sortie en triomphe.

Ce sont les frères Philippe et Pierre Bats qui ouvraient cette journée taurine avec trois erales de Alma Serena. L’occasion de revoir Valentin Hoyos Calama et les deux Français du Sud-Est, Adam Samira et Nino Julian.

Valentin Hoyos Calama torée désormais comme un professionnel, sachant se décharger de toute pression du public. Il régna en maître à la cape avec de jolies et lentes véroniques. Il comprit tout de suite qu’il fallait calmer la fougue de l’eral le plus solide et le plus encasté du lot. Quelques passes de châtiment, genoux plié, puis une longue faena sur les deux mains. Le garçon faisait durer le plaisir. Mais avec quelques trincheras et plusieurs changements de mains, il fut complet et artiste. 

Adam Samira avait une volonté de gagneur. Il espérait un triomphe au bout de l’épée mais avant il lui fallait régler la violence de son adversaire. Il pensa y parvenir rapidement et livra un excellent début de faena, mais à trop prendre confiance il fut désarmé à plusieurs reprises et secoué par une violente voltereta. A partir de là, malgré d’excellents ronds complets, le public se détourna de ses efforts. 

Nino Julian… drôle de petit bonhomme qui, à Rion, avec sa bravoure un peu folle, ressemblait à une espèce de Damaso Gonzalez des débuts de sa saga. Assez discret à la cape, il signe par contre aux banderilles deux poder a poder époustouflants. A la muleta il ne cesse d’attaquer, toujours présent sur les cornes, démontrant une grande puissance. C’est une sorte de «fureur de toréer». Il finit par un jeu à couper le souffler et se jette entre les cornes pour clouer une épée jusqu’au  bout.

D’excellents novillos et trois garçons courage aux lèvres. Rion n’a pas trahi sa réputation.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.