Mimizan. Retour sur la corrida du 18 août. Triomphe d’El Fandi et de Tomas Campos.

Une grosse demi-arène, soleil, un peu de vent et température agréables, deux heures quarante de spectacle.

Six Maria Loreto Charro Santos, très bien présentés, d’excellents gabarits, tous deux piques, à l’exception du quatrième et cinquième, un châtiment. Au cheval ils ont démontré une belle bravoure, le quatrième récompensé d’une vuelta al ruedo. Toréables à la muleta à condition de les consentir.

  • David Fandila « El Fandi » (bleu et or), au premier, trois-quarts de lame, un descabello, applaudissements ; au quatrième, une entière, avis, deux oreilles, vuelta au toro.
  • Juan del Alamo (violet et or), au deuxième, une demi-lame, avis, une oreille ; au cinquième, une entière, avis, salut aux tercios.
  • Tomás Campos ( blanc et or), au troisième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, avis, une oreille.

Mimizan, petite arène qui résiste aux anti-taurins et à l’érosion de l’océan… Mais en attendant, en matière de résistance, elle a présenté un lot de Maria Loreto Charro de Santos, vieille aristocratie salamanquaise… Un lot qui n’a jamais fléchi, qui est revenu sans cesse dans la muleta, un lot agressif, mais correct dans ses charges, avec quelques toros qui dépassaient ou tutoyaient les 500 kilos. Guy Larrazet et sa commission taurine ne s’étaient pas trompés… En outre ils offraient au Sud-Ouest la présentation de David Fandila, «El Fandi». Les promesses ont été tenues, avec la sortie en triomphe de Fandi et de Campos.

David Fandila «El Fandi» (bleu et or) a été bien à chaque fois à la cape, spectaculaire lors de sa deuxième sortie en offrant deux faroles à genoux. El Fandi, malgré ses facilités, son  métier et sa technique, se montrera dans une faena parfaite mais sans trop d’originalité. Ses changements de mains sont des modèles du genre. Il confirmera ses aptitudes lors de sa deuxième sortie. Mais entretemps, il a renouvelé un beau tercio de banderilles. Il y a mélangé le spectaculaire, avec des «violins» d’enfer, un poder à poder d’où il se dégage par une longue course en reculant et en caressant le frontal de l’adversaire. El Fandi a été celui que l’on attendait, un grand sportif et un torero. Avec son dernier, toro récompensé d’une vuelta, il avait offert une estocade d’école. Elle lui a permis d’emporter deux pavillons et surtout une sortie en triomphe.

Juan del Alamo n’attendait pas des toros aussi compliqués. Avec le premier il se montra grand torero, avec un belle réussite sur les deux mains. Il signa également de merveilleux pechos. On retiendra sa deuxième série de naturelles avec le second adversaire. Il a été obligé de se battre pour la réaliser. Mais il ne pourra tenir la distance et sera par instants brouillon et désordonné. Son entière basse ne suffira pas pour un deuxième trophée.

Tomás Campos  n’est pas un grand capeador, mais c’est un torero qui se bat sans cesse pour réussir. Il est parfait, peut-être même un peu trop policé, mais lorsqu’il s’est lâché sur la main droite, il inventait, il créait. Certes il ne fut pas à l’aise sur la main gauche, aussi il n’insista pas mais eut le mérite d’être présent. Il nous offrira, pour la fin, face à l’un des plus impressionnants du lot, un véritable combat qu’il livra à droite. De l’autre côté ça coulait beaucoup moins.

Cette course de Mimizan, en affichant l’élevage de l’an dernier, a remis sur le devant un excellent lot. Il n’y avait pas grand-chose à reprocher. Mimizan, entre toros et toreros conquérants, a donné une belle leçon de tauromachie.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.