Bilbao. 26 août. Oreille pour Octavio Chacon et Juan Leal.

Peu de monde sur les gradins de Bilbao pour assister à la corrida de Miura qui clôturait le cycle.

Après avoir vu la corrida (en différé à la télé), on peut comprendre que la devise ne fait plus recette. Des toros de présentation conséquente au niveau du volume, mais des armures souvent douteuses, des forces plus que justes et une race aux abonnés absents. Que sont devenus les Miura qu’on a connus du temps du père des actuels ganaderos, ces derniers n’ayant préservé que les façades, le reste du bâtiment (la caste) ayant disparu depuis qu’ils ont pris la relève de leur père à la tête de l’élevage.

Face à ces Miura « modernes », Octavio Chacon, une des valeurs sûres du marché, dans ce créneau notamment. Le garçon est allé au bout de ce que pouvait offrir ses adversaires du jour, coupant une oreille du quatrième après avoir réussi à tirer de l’eau d’une pierre au prix de méritoires efforts et en mettant en péril son intégrité physique (salut et oreille). Suite à la blessure de Juan Leal, il combattit le sobrero du fer titulaire sorti en sixième position, avec les mêmes dispositions que celles évoquées précédemment (vuelta). 

Pepe Moral a lui aussi tiré du second tout ce qui pouvait l’être (salut). Le quinto, invalide, fut remplacé par un sobrero de Salvador Domecq qui ne jouait pas dans la même catégorie que le titulaire. Noble, donnant un bon jeu, il aurait dû laisser au moins une oreille dans les mains du garçon si l’épée ne lui avait pas fait défaut. Trois entrées a matar pour laisser une entière réduisirent à néant tout espoir de trophée (vuelta).

Quant à Juan Leal, il se bat de toutes ses forces pour exister. C’est louable et honorable. Il a du courage à revendre et peut convaincre, mais où se situe la limite entre le courage et l’inconscience ? A fouler des terrains minés, il se fit bousculer une première fois et s’en tira fort heureusement sans dommage. Il parvint ainsi à arracher des muletazos à un toro dangereux qui ne pardonnait rien.

Lors de la suerte suprême, il cueillit Juan Leal et lui infligea une cornada de deux trajectoires dans la cuisse. Pour autant le tremendisme de l’arlésien n’est cette fois pas en cause car il se jeta en toute honnêteté sur son adversaire pour l’occire (on était loin du « julipié »). Après un descabello, sa prestation fut primée par l’oreille du courage.

Marco Leal et Manolo de los Reyes saluèrent pour un second tiers rondement mené face à ce troisième toro (initialement prévu en sixième position).

Reseña : Paco. Photos : Philippe Gil Mir.