Bellegarde. 26 août. Le II° Trophée Sébastien Castella pour Tristan.

Agréable novillada hier à Bellegarde où trois garçons, dont deux français, se disputaient le II° Trophée Sébastien Castella

Le bétail du jour, porteur du fer de La Paluna, a permis aux trois novilleros du jour d’afficher le niveau atteint à ce stade de leur toute jeune carrière. Les trois erales sortis en première partie, de par leur noblesse et une relative douceur, furent une agréable mise en bouche pour les garçons; les trois suivants plus exigeants, surtout le sixième qui demandait les papiers, permirent aux aficionados présents sur les gradins de juger du niveau technique des apprentis du jour. Les premier, deuxième, troisième et sixième furent applaudis à l’arrastre.

Le sévillan Pablo Paez fut le moins en vue de la tarde. Face à un premier novillo distrait, difficile à fixer (un comportement que l’on retrouva chez ses frères), il visita la piste pour parvenir à dessiner quelques véroniques et demie. Solalito parvint ensuite à retenir le bicho pour quelques véroniques et larga. Muleta en mains, si l’entame de faena fut prometteuse, la suite fut de moindre qualité, le garçon faisant des passes sans véritablement s’imposer à un eral à la charge un peu désordonnée mais affichant une noblesse que le jeune sévillan ne sut exploiter à sa juste mesure. Final par manoletinas avant entière basse au troisième assaut. Salut.

Le quatrième fut reçu par une larga cambiada de rodillas. Désarmé au troisième capotazo, Pablo Paez se reprit par véroniques, chicuelinas et demies dessinées par paires. Solalito intervint ensuite par tafalleras et demie avant que le novillo n’aille visiter le callejon en s’y introduisant par un burladero. Débutée par cinq derechazos de rodillas, la faena devint très vite compliquée par le comportement fuyard et querencioso du bicho. Le garçon essaya sans grand succès de le garder dans sa muleta avant de se résoudre à lui voler des muletazos près des planches en visitant le ruedo. Pinchazo, tiers de lame latéral puis quasi-entière définitive. Silence. Une sortie peu convaincante pour ce garçon. On attendra une autre occasion pour affiner notre jugement.

Solalito fit quant à lui preuve d’une personnalité plus affirmée. Face à son premier adversaire, il débuta par bonnes véroniques, demie et revolera avant de céder la place à Tristan qui dessina quelques tapatias et revolera, Solal répondant ensuite par faroles et larga. Le nîmois prit ensuite les bâtonnets pour trois poses en cuarteo, sesgo por fuera et un quiebro d’exécution parfaite. Débutée par passes hautes de rodillas, la faena, bien construite, variée, fut bien maîtrisée sur les deux bords, même si le bicho devint un peu tardo au final. Conclusion par passes aidées par le haut de rodillas avant des longueurs avec l’acier (pinchazo, trois-quart très trasera, pinchazo et entière en place) qui privèrent Solalito d’un double trophée qui, jusque là, paraissait acquis. Salut.

Le quinto fut accueilli par esthétiques véroniques, dont deux genou fléchi, et revolera. Suivit un quite par chicuelinas et revolera du plus bel effet por colleras avec Tristan, puis trois bonnes poses de banderilles, la première en deux assauts. Hélas par la suite le novillo accusa une certaine faiblesse qui empêcha Solal de baisser les mains.

Faena ambidextre de correcte facture avant que le bicho ne se dégonfle et quitte le débat avant de s’éteindre. Bonne volonté du jeune torero qui tira tout ce qu’il put de l’animal avant de l’occire d’une entière trasera. Oreille (un peu généreuse) pour l’envie affichée.

Tristan afficha lui aussi volonté et personnalité. Il salua ainsi son premier opposant par bonnes véroniques et demie, puis laissa intervenir Pablo Paez qui distilla quelques saltilleras et demie, avant de reprendre la main pour quelques chicuelinas et demie. Débutée par passes hautes et cambios por la espalda alternés, la première faena ambidextre du jeune arlésien fut des plus convaincantes malgré un petit manque de fixité de l’animal. Bon derechazos, serrés quelquefois, puis de jolies naturelles citées à pointe de muleta, des trincherillas bienvenues, des pechos torées jusqu’à la sortie, de la belle ouvrage terminée par manoletinas avant une belle entière en place. Oreille avec forte pétition de la deuxième que le palco (à mon avis à tort) refusa de valider. La vuelta au novillo fut (à mon avis toujours) un peu généreuse. Par contre, que ce même palco soit apostrophé par des membres de la cuadrilla de Tristan est inadmissible, même si ceux-ci étaient du même avis que moi. La présidence est souveraine et doit être respectée, même si on n’est pas de son avis.

Le sixième (m’a-t-on dit d’origine Cebada Gago) fut le plus sérieux des six novillos présentés. De la caste, du moteur et beaucoup d’exigence. Il fallait être techniquement et moralement costaud pour l’affronter. Tristan a relevé le défi. Il le reçut ainsi par une larga cambiada de rodillas suivies de quelques véroniques et demie, Pablo Paez venant ensuite dessiner quelques chicuelinas un peu enganchées. Tristan se disposa ensuite à répondre au sévillan mais il fut sévèrement accroché par l’animal qui lui vint dessus. Un peu KO, il reprit rapidement ses esprits pour revenir dessiner quelques chicuelinas et une revolera. Une cogida qui aurait pu avoir de sérieuses conséquences.

Le jeune arlésien débuta sa seconde faena genou fléchi, puis dessina une paire de tandas droitières de bon niveau avant de prendre la main gauche pour une tentative compliquée, la corne gauche s’avérant peu fréquentable. C’est donc à droite que se déroula l’essentiel de la faena sur la musique de Caridad del Guadalquivir, une air peu adapté cette fois aux charges vives de l’animal qui se jetait dans la muleta avec force. Final par ayudadas por alto avant entière en place libérant deux pavillons (un de trop cette fois, il eut été plus judicieux d’inverser les récompenses).

C’est en toute logique que le II° Trophée Sébastien Castella fut remis à Tristan qui quitta a hombros la placita gardoise.

Reseña et photos : Paco.