Bilbao. 25 août. Le retour du puni.

Ecarté du circuit taurin (à peine trois paseos cette année), Diego Urdiales a montré hier qu’il avait encore une carte à jouer, celle d’un toreo classique et pur, sans fioritures, sincère et vrai.

Bilbao lui a fait confiance, elle ne peut que s’en féliciter. Trois oreilles face à des toros d’Alcurrucen plutôt fades dans l’ensemble, le lot d’Urdiales au-dessus des deux autres. Et si le sorteo fut favorable au torero d’Arnedo, encore fallait-il mettre à profit cette chance pour montrer qu’il n’était pas là par hasard et qu’on l’avait enterré un peu trop vite.

Deux faenas de menos a mas, la première culminant sur des séries gauchères très pures avant une estocade portée en se jetant sur le morillo, la seconde très profonde, très lente, conclue en deux assauts sincères. Certes, accorder deux oreilles quand on a pinché au premier envoi, fut un temps où la récompense se serait limitée à un unique trophée. Mais peu importe le nombre d’oreilles face à une résurrection que peu de gens attendaient. Le riojano a répondu présent lors d’un rendez-vous important, c’est la marque des grands toreros. Aux empresas de corriger le tir !

N’oublions pas pour autant Enrique Ponce, toujours aussi précis et élégant dans sa lidia. Mal servi, il fit le maximum mais il fut maladroit avec la rapière.

Quant à El Juli, toujours magistral, immense torero mais immense tricheur à l’épée, il ne peut que nous donner des regrets d’avoir délaissé l’honnêteté au profit de la facilité, choisissant ses toros (toujours les mêmes fers), combattant le plus souvent des bichos indécents de présentation et justes de forces, et terminant ses prestations par les désormais habituels « julipiés ». Que pena ! Deux faenas de bonne facture face à des adversaires pas évidents qui ne lui permirent qu’un toreo technique dont on ne commentera une fois de plus la finition avec l’acier.

  • Enrique Ponce : silence et ovation.
  • El Juli : silence et ovation accompagnée de quelques sifflets.
  • Diego Urdiales : oreille et deux oreilles.

Photo : Arjona.