Retour sur la Feria de Saint-Gilles (1). 18 août. Novillada-concours.

Saint-Gilles. 18 août. El Rafi trahi par l’épée. Oreille pour Diego San Roman.

Novillos des ganaderias François André, Gallon, Blohorn, Jalabert Frères, Malaga et La Paluna qui débutait dans la catégorie.

  • Adrien Salenc : silence et silence.
  • Diego San Roman : oreille et ovation.
  • El Rafi : vuelta et silence.

Adrien Salenc (photo : toriltv) hérite en premier lieu d’un Francois André, bien dans le type, qui ne s’emploie guère dans la percale. Pousse sur la première rencontre puis prend une deuxième ration depuis le centre de la piste pour un puyazo mal exécuté. Dans la muleta du nîmois le Francois Andre se défendait énormément et chargeait avec violence. Il fallut tout l’oficio d’Adrien pour arracher deux tandas droitières de correcte facture avant d’aller chercher l’épée pour une grosse entière. Silence.

Le Jalabert fit un saut dans le callejon avant un bon tiers de cape du novillero nîmois. Une pique mal exécutée puis quite par faroles d’Adrien. L’affaire fut corsée face à un novillo violent qui chargeait à contre cœur, accusant de surcroît une faiblesse du train avant. Adrien tenta en vain de le doubler, sans réussite. Une réussite le fuyant aussi avec la ferraille, devant s’y reprendre par trois fois avant entière puis descabello. Silence.

Diego San Roman débute avec un Gallon à la charge douce dans le capote. Une première rencontre préservée puis une deuxième pour la forme. Quite par chicuelinas de Rafi. Avec la flanelle le mexicain va livrer une faena uniquement droitière de bonne facture, profitant la douce embestida du Gallon, noble et sans un brin de vice. A retenir de grandes séries profondes avant de conclure par manoletinas de rodillas puis coup de canon qui fit tomber la première oreille de l’après-midi.

Le quinto, de Malaga, fut correctement salué avant bien charger sur le groupe équestre monté par Tito Sandoval. Première rencontre trasera puis deuxième rectifiée. Dans le dernier tiers le mexicain eut affaire à un opposant coriace, chargeant avec violence et force, une équation compliquée à résoudre pour un torero peut-être encore un peu vert pour ce style d’opposition. Entière efficace. Silence.

El Rafi eut affaire à un Blohorn, applaudi pour son tamaño conséquent, qui déboula fort sous le fer de Nicolas Bertoli pour deux rencontres, la deuxième de moindre impact. Avec la flanelle, le nîmois va instrumenter une belle faena sur les deux rives. D’abord de la droite pour des échanges donnés avec temple et profondeur. Rafi, en confiance, et avec face à lui un excellent novillo du Mas de Carrelet, noble, franc, et avec la caste nécessaire pour rendre la partition attractive. Sur la gauche, le Blohorn permit au protégé de Patrick Varin, de par ses embestidas à la fois puissantes et nobles, de soigner le geste avec notamment trois naturelles superbes. Hélas la conclusion ne fut pas à la hauteur, Deux pinchazos avant grande entière lui faisant perdre un voire deux trophées. Le novillo de Bruno Blohorn eut les honneurs de la vuelta posthume.

L’ultime de La Paluna afficha un certain manque de race dès la sortie. Il prit une première pique en poussant, avant une deuxième médiocrement distillée. Avec la muleta , Rafi fut très torero, soignant le geste et toréant de manière relâchée et sûre. Face à lui le novillo du Mas d’Auzières alla à mas, et fut finalement un bon collaborateur affichant une certaine noblesse sur le piton droit, finissant bouche fermée en brave. Rafi enchaîna les muletazos finement dosés, concluant par luquecinas avec temple. Un maniement défectueux de la rapière le priva de récompenses qui lui tendaient les bras.

Le novillo de Bruno Blohorn fut déclaré vainqueur à l’issue de la course.

Reseña : Pierre Charmasson (http://toriltv.com/). Photos : Yves Porras.