Dax. 15 août (tarde). Tomás Campos sauve la course en coupant une oreille.

Cinquième et dernière corrida de feria, arènes combles, deux heures quarante de spectacle, soleil et chaleur.

Sept toro d’Ana Romero, le quatrième changé par un sobrero du même fer. Tous deux piques, le troisième trois châtiments dont deux piques de manso. Sans trop de difficultés à la muleta, parfois sosos et faibles.

  • Thomas Dufau (bleu marine et or), au premier une entière, salut ; au quatrième, une entière, un descabello, avis, silence.
  • Juan del Alamo (noir et or), au deuxième, une entière, salut ; au cinquième, deux pinchazos, une entière, avis, silence.
  • Tomás Campos ( vert foncé et or), au troisième, une entière, cinq descabellos, avis, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

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Apostille. Manolo de los Reyes et Marco Romero, banderilleros de la cuadrilla de Thomas Dufau, ont salué au premier toro.

L’ennui est passé près pour cette dernière course de la feria de Dax. Dans ce très joli lot d’Ana Romero, il manquait un peu de piment, voire de poivre pour donner un peu de rythme… D’autant plus regrettable que la présentation était parfaite et bien ancrée dans le registre du Santa Coloma. On a frôlé les «Châtiments» de Victor Hugo… Waterloo… Waterloo…  morne plaine, morne course où le public s’ennuyait et où les toreros ne trouvaient jamais le bon rythme… Et soudain, au dernier moment, surgit Tomas Campos pour réveiller et sauver une corrida qui somnolait.

Tomás Campos, avait joué la carte du classicisme avec son premier adversaire. Mais ce fut une faena qui eut beaucoup de mal à monter dans les tendidos. Mais quelle grâce, quelle perfection. Il ne manquait rien dans cet ensemble. Ce n’est pas que « Flameado », le dernier à surgir, fut véritablement plus mobile et agressif que ses frères, mais Campos sut lui insuffler un nouvelle respiration. Il l’attaqua par des naturelles de grand style et eut le mérite d’oublier la faiblesse de l’animal et de le faire monter en puissance. La corrida trouvait enfin, bien tard il est vrai, un rythme de croisière. Quelques pechos, un coup d’épée magistral, Tomás Campos empochait le trophée que tout le monde cherchait depuis le paseo…

Thomas Dufau fut très sage, un peu trop policé dans une première faena où il n’y a pas grand-chose à critiquer. Mais l’ensemble, un peu morne, manquait de rythme et de punch. A sa décharge il eut à surmonter la faiblesse de ses deux adversaires. Dès lors bien difficile de convaincre les aficionados. Il a pourtant beaucoup tenté, et après avoir brindé à Pierre Albaladejo, il citait de loin, sans grande réussite, et s’installait au centre de la piste pour une faena très technique mais qui ne fut pas suivie par le public, le toro s’étant couché une nouvelle fois. Vraiment un mauvais 15 août pour le Landais qui a tout fait pour convaincre.

Juan del Alamo, et c’est dommage, n’a jamais cru à sa chance et au lieu de pousser plus avant ses adversaires, il se laissa rapidement enfermer dans la morosité, malgré quelques belles séries sur la main gauche. Il nous a offert une belle leçon de temple avec son second et pourtant, au final, il ne put être à la hauteur de sa première faena.

Malheureusement la course d’Ana Romero avec de bonnes qualités ne laissera pas de grands souvenirs dans la mémoire des aficionados qui se sont réfugiés dans «l’Agur» final, les grands chants d’adieux qui terminent la feria de Dax.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.