Dax. 14 août (tarde). Juan Bautista en immense maestro… quatre oreilles et Puerta Grande.

Quatrième corrida de feria, arènes combles, temps ensoleillé et chaud, deux heures trente de spectacle.

Six toros pour Juan Bautista en blanc et or.

  • Au premier, un Montalvo, une entière, une oreille.
  • Au deuxième, un La Quinta, un pinchazo et une entière, les deux à recibir, silence.
  • Au troisième, un Pedraza de Yeltes, une entière deux descabellos, salut.
  • Au quatrième, un José-Luis Pereda, une entière, silence.
  • Au cinquième, un Victorino Martin, un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Au dernier, un Jandilla, remplaçant d’un sixième Jandilla, une entière à recibir, deux oreilles.

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L’ensemble du lot à pris deux piques et s’étalait entre 485 et 545 kilos.

Ce n’était pas tout à fait anodin pour Juan Bautista d’affronter dans les arènes de Dax, six toros de six élevages différents. On connaissait ses qualités, il les a confirmées six fois. A la cape tout d’abord en réalisant des tercios parfaits, des véroniques amples et profondes, mais surtout, au moment des quites en revenant sur l’ouvrage chaque fois avec un répertoire différent. Des chicuelinas, des gaoneras, des delanteras et par moment fleurissant à la sud-américaine un capote qui virevoltait avec élégance.

On a vu aussi un torero très complet à la muleta. S’il ne s’est jamais écarté d’un classicisme d’école, il a su varier avec quelques changements de mains bienvenus. Il allait plus loin encore avec le Victorino Martín, un toro séduisant, un petit gris qui bougeait beaucoup et mettait la tête comme un Saltillo, très bas, cherchant les chevilles. Il en fallait plus pour impressionner l’arlésien qui n’allait pas hésiter à lui servir quelques naturelles sur la main droite. Il finirait par lui couper une oreille.

Juan Bautista qui a aussi récompensé ses amis en prenant les banderilles à deux fois avec une belle réussite sur les poder.

Mais on retiendra aussi Bautista le matador, six toros, six coups d’épée et pour les trois autres un pinchazo ou un ou deux descabellos en plus. Cette belle série d’estocades, il allait la parachever avec le dernier exemplaire, un sobrero de Jandilla, remplaçant un Jandilla qui venait de se casser une corne à l’issue d’une pose de banderilles. Cette mise à mort était un nouveau pari, réussir un recibir. Il fut parfait et volontaire et lui offrait deux oreilles… Et confirmait la marche en avant d’un torero français. Juan Bautista a convaincu et souvent enflammé les arènes de Dax qui se sont retrouvées debout pour l’applaudir.

Parmi les toros à retenir de cette journée, le Victorino Martin, parfaitement présenté et armé. Bautista l’avait brindé au président de la commission taurine, Jacques Pène. Il permit au torero arlésien une faena très complète avec de belle série de naturelles. Mais les aficionados ont également très apprécié le Montalvo qui ouvrait la série. Ce furent assurément les plus beaux derechazos de cet après-midi… Quant aux meilleurs changement de mains on les trouvera dans le combat face au La Quinta. C’est à cet instant que Juan Bautista allait toréer pendant un long moment en signant tout dans les détails, soulevant à diverses reprises les gradins. Et quant au sobrero de La Quinta il eut été dommage qu’il ne sorte pas.

Juan Bautista a confirmé à Dax son cartel et le grand torero avec lequel il faut compter.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.