Dax. 12 août (tarde). Gines Marín indulte « Lebrero » de Santiago Domecq.

Deuxième corrida de feria, arènes bien remplies mais avec des vides, temps rapidement nuageux et chaud, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Santiago Domecq, une corrida fine élégante et très bien présentée, de 480 à 530 kilos sur la balance de l’éleveur. Tous deux piques, certains très braves. Toujours toréables même si chez certains la faiblesse était un handicap.

  • Sébastien Castella (bleu et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, un quart de lame, une entière, deux avis, salut.
  • Ginès Marin (rouge et or), au deuxième, gracie le toro ; au cinquième, un pinchazo, une entière, avis, salut au centre.
  • Jesus Enrique Colombo (blanc et or), au troisième, une entière, silence ; au derrnier, une entière, une oreille.

Dix ans après « Desgarbado » de Victoriano del Rio, « Lebrero » de la ganaderia de Santiago Domecq a été indulté, hier dans les arènes de Dax. Personne n’attendait un tel événement… qui a été largement encouragé par le torero Ginès Marin et l’éleveur, tout au moins son fils qui ont plaidé cette cause. Il est vrai que depuis le milieu de la faena, le toro ne cessait de revenir et de répéter dans la muleta avec de longues charges, souvent interminables. Personne ne doutait de l’immense qualité de cet animal… Et soudainement, alors qu’il venait de se saisir de l’épée de mort, Ginés Marin fit durer la mise en suerte à la mort, prenait son temps, regardait le public qui commença à penser sérieusement à  la grâce. Il se tourna vers le président. Mais Guy Bournac refusa.

Marin insista, et finalement, avec l’appui de l’éleveur, le président finit par craquer. Le mouchoir orange apparaissait au palco. Un simulacre de mise à mort au recibir pour parachever cet ensemble… la légende éclairait une nouvelle fois l’arène de Dax. « Lebrero« , un petit toro de 490 kilos qui compensait son manque de gabarit par un extraordinaire moral qui le faisait multiplier ses charges. Ginès Marín invitait le fils de l’éleveur pour partager son tour d’honneur. Un seul regret, la démonstration de Lebrero avec le cheval fut plutôt modeste. La discussion sur la grâce va être relancée entre les partisans de la bravoure et de la noblesse. A Dax il y a toujours eu une certaine tendance à favoriser la noblesse.

Mais cette grâce est peut-être arrivé un peu trop vite au second toro, après une oreille de Castella mais handicapant la suite du spectacle. Car comment faire mieux que la réussite suprême en tauromachie ?

Mais personne, même trop vite arrivé ne regrettera un tel moment.

Sébastien Castella, avait pourtant bien commencé… donnant un peu d’émotion en signant ses première passes assis sur l’estribo. Un animal dont il parvenait à cacher la faiblesse, mais qui s’agenouillait dès que la muleta était un peu basse. Quelques passes changées dans le dos entre les séries et Castella finissait par convaincre. Piqué au vif par l’indulto il voulait triompher avec son dernier. Il y eut de bons moments. Le bitterois perdait beaucoup de temps a vouloir mettre le toro dans une bonne condition. Echec et premier avis avant de prendre l’épée. Il n’ira pas au-delà d’un salut.

Jésus Enrique Colombo fut plutôt fade et insipide avec son premier adversaire, il ne s’attardait pas sur la main gauche et la seule belle chose fut la mise à mort. Le garçon avait été décontenancé par la faiblesse du toro. Mais ce ne fut pas la même chose avec le dernier, un solide gaillard, agressif et mobile. Si par instants le garçon eut l’air d’être dominé, il réagissait très vite face au toro qui répondait aussitôt au moindre toque. Il se positionna rapidement comme un grand torero alliant le classicisme à la domination. Les deux fois il banderilla avec une réussite moyenne mais qui démontra son courage.

Une tarde qui va s’amplifier dans la mémoire des aficionados.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.