Dax. 12 août (matin). Une seule oreille pour Manzanares devant de décevants Garcia Jimenez.

Première corrida de feria, matin, arènes combles, chaleur étouffante, soleil violent, deux heures quarante de spectacle.

Un toro de Olga Jimenez (3°) et six Garcia Jimenez, le sixième se cassant la corne à la sortie étant remplacé par un sobrero du même fer. Un lot de 520 à 480 kilos. Tous deux piques règlementaires, beaucoup de faiblesse et un peu de mansedumbre. Souvent difficile. à la muleta.

  • Juan José Padilla (moutarde et azabache) au premier, une entière, salut ; au quatrième, un pinchazo et une entière, silence.
  • José Maria Manzanares (bleu marine et or), au deuxième, une demi-lame, silence ; au cinquième, une entière à recibir, une oreille.
  • Andrès Roca Rey (beige et or), au troisième, une entière, silence ; au dernier, trois-quart de lame, silence.

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Apostille. La clé du toril a été remise aux alguaciles par Patrick Dupont, employé des corrales blessé l’an dernier. Manzanares  a joué un rôle essentiel dans le retour au corral du sixième toro, en pénétrant dans le couloir et maniant la cape depuis un refuge.

Corrida d’expectation et d’espoir, corrida de déception et de regrets. Pour cette première corrida de la Feria de Dax, la désillusion a été à la hauteur des espoirs. Les adieux de Padilla devaient être brillants et joyeux. Ils furent ternes. Roca Rey aurait dû faire rêver l’arène, il l’ennuya. Seul Manzanares parvint à s’inventer un toro et à couper la seule oreille de la matinée.

Juan José Padilla, accueilli par une immense ovation du public, récompensé et honoré par la mairie et la commission taurine, voulait bien faire. En fait il n’aura enflammé son public que dans le tercio de banderilles où chaque fois il fut parfait en deux poder a poder et un violin. Il commença avec beaucoup de classicisme et dans de belle séries de derechazos, et fut très agréable sur la main gauche. Mais sur la fin il ne put s’empêcher de retourner dans le baroque. Mais il avait sauvé ce toro loin d’être un foudre de guerre.

Le quatrième, était solide, mobile, et avec ses 515 kilos pouvait donner à réfléchir. Il l’accueillit par un farol à genoux. Mais l’animal avait une fâcheuse tendance à chercher les planches et l’homme ne put jamais lier une série complète. Il devra donc se retirer avec les regrets d’un mauvais sorteo.

José Maria Manzanares commença sa première sortie en jouant les infirmiers et les choses ne s’arrangeaient pas au fil des passes. Même avec une muleta à mi-hauteur, « Rennacujo » s’effondrait régulièrement et ne répétait pas. Manzanares en finit rapidement. Mais il décida de ne pas rester sur un échec et s’inventa ce cinquième toro…  Quelques séries à droite entrecoupées de trincheras et changements de main, de long derechazos au centre, puis une petite symphonie sur la main gauche. Il avait conquis l’arène et surtout sauvé un toro. Il terminait sur un monumental recibir. Il avait sauvé  cette première course avec une belle oreille.

Andrès Roca Rey a toujours autant de grâce et de suavité, mais il lui manque sûrement un peu du métier et de la technique de Manzanares. Aussi, s’il nous fit rêver dans les premiers instants de sa faena d’ouverture, il ne pourra aller très loin dans la réussite… d’autant que son toro avait pris des allures très ralenties. Il n’y eut jamais aucune véritable émotion. Après un élégant tercio de cape, ce fut sensiblement la même chose pour terminer la course, après le long épisode du changement de toro. Rien à dire et très peu à faire avec ce sobrero. Andrès Roca Rey devra revenir.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.