Parentis-en-Born. 5 août. Une seule oreille pour Juan Carlos Carballo.

Petit trois quarts d’arène, soleil et chaleur, deux heures vingt-cinq de spectacle.

Trois Couto de Fornilhos, sortis en première, troisième et cinquième positions et trois Santa Teresa. Tous très bien présentés, lourds et mobiles dans le premier tiers, les Santa Teresa souvent faibles. Tous trois piques, sauf le quatrième et le dernier Santa Teresa, deux châtiments. Souvent compliqués à la muleta.

  • Juan Carlos Carballo (rose et argent), au premier, une demi-lame, une oreille ; au quatrième, toro puntillé en piste en raison de sa faiblesse.
  • Carlos Aranda (tabac brun et or), au deuxième, une entière atravesada, un descabello, silence ; au cinquième, deux demi-lames, un descabello, avis, silence.
  • Jesus Mejias (bleu ciel et or), au troisième, une entière, silence ; au dernier, une entière, trois descabellos, avis, silence.

Pour cette deuxième journée de la Feria de Parentis-en-Born, il y a eu du bon et du moins bon. Disons tout de suite que c’est avec les toros de Santa Teresa que les choses ne se sont pas très bien passées. Par contre la légende du Couto de Fornilhos est sortie grandie du sable landais. Côté présentation, et sur les deux devises, rien à dire. Chaque fois des novillos de trois ans bien sonnés et particulièrement impressionnants. On tutoyait les 500 kilos, avec un peu plus ou un peu moins, et dans le premier tiers beaucoup de mobilité. Malheureusement de la faiblesse, un peu trop prononcée avec les Santa Teresa. Une seule oreille est tombée avec le premier Couto… « énorme ».

Juan Carlos Carballo, l’air d’un gamin dans son petit costume un peu féminin… mais un futur torero de valeur. Quatre véroniques splendides pour ouvrir la course. Un brindis au président Serge Villetorte, et une faena très classique sur la droite. A noter une bonne série à gauche, mais surtout une lutte pour dominer et survivre. Ce furent des moment où Juan Carlos Carballo devait se demander pourquoi il avait choisi un tel métier. Mais il nous a montré toutes les facettes de son art, le tout ponctué d’un pavillon. Car par la suite, rien à faire avec un Santa Teresa… Certes il dessina quelques passes d’infirmier pour tenter de maintenir sur ses pattes « Artillero », qui finit par se coucher pour ne plus se relever. Il dut être puntillé sans mise à mort.

Carlos Aranda, lors de sa première sortie, fut aussi insipide et transparent que son premier Santa Teresa. Pas grand-chose à retenir si ce n’est quelques ayudadas finales. Par contre le garçon, face au Couto de Fornilhos, allait se jouer la vie. Un tueur, un spadassin  que ce « Prolifico » qui renversa la cavalerie et faillit nous tuer un monosabio.

La mort rodait au-dessus du ruedo de Parentis. L’animal chargeait pour tuer. Il ne répétait que rarement… Carlos ne se laissa pas impressionner. Il tenta une ouverture à gauche qui ne fonctionna que sur quelques passes. L’assassin habitait à Parentis… Carlos se retirait avec les honneurs de cette confrontation qui nous fit frissonner.

Jesus Mejias, choisi par le public à l’issue d’une fiesta campera où deux Couto le départageait d’Alejandro Fermin, entrait dans le cartel du soir avec quelques beaux capotazos. Il se sauvait et se mettait en valeur aux banderilles. Il fallait bien cela pour se hisser au dessus du Couto le plus compliqué. Il fut souvent obligé de lui arracher les passes une à une, par instant au péril de sa vie… Débordant d’ambition, Jesus Mejias fut contraint de subir la loi du toro. Le garçon a des qualités et du courage. On ne l’oubliera pas.

Une course compliquée mais passionnante dont personne n’oubliera l’excellent présentation et les qualités des Couto de Fornilhos.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Romain Tastet.