Istres. 5 août (tarde). Maxime Solera et El Rafi a hombros.

Une chaleur lourde mais supportable grâce à quelques nuages d’orage venus obscurcir le ciel istréen, et une entrée qu’on estimera à un gros tiers.

Concurrence des Saintes Maries, chaleur ? Les absents ont eu tort car la course fut globalement intéressante avec trois novilleros motivés qui ont donné le meilleur d’eux mêmes, et des utreros de Cuillé qui ont fait honneur à leur devise, le premier faiblard et surtout le quinto manso en-dessous du lot.

Maxime Solera reprenait les trastos après sa blessure de Boujan. Le moins qu’on puisse dire est que la reprise s’est faite dans les meilleures conditions, le garçon terminant sa course avec le Trophée Pierre Pouly en poche et une Puerta Grande bienvenue. Suite à une mésentente avec le torilero, point de porta gayola mais une réception au centre par gaoneras et tafalleras. Après une unique ration de fer et une vuelta de campana, le Cuillé s’avéra juste de forces au dernier tiers. Brindée à Bernard Marsella, la première faena du fosséen fut de bonne facture, à droite comme à gauche, Maxime s’appliquant à bien accompagner la charge franche de l’animal. Hélas, la soseria du novillo ôta un peu d’émotion à l’ensemble. Final en se jetant, sans la muleta, entre les cornes du Cuillé pour laisser une entière concluante en se faisant lever, heureusement sans mal. Deux oreilles.

Le quatrième se cassa la corne en se jetant comme un dingue contre les planches. Il fut remplacé par un sobrero du même fer. Accueilli par une larga cambiada afarolada de rodillas (comme le titulaire), puis quelques véroniques, demie et revolera, ce quatrième bis fut piqué une première fois avant d’être replacé face à la cavalerie pour … un regaton !! (d’habitude cette suerte est pratiquée après au moins trois rencontres). Brindée au public, la seconde faena ambidextre de Maxime, débutée de rodillas, fut de bon niveau dans sa première partie, puis finit a menos au gré des forces déclinantes du bicho. Au final le garçon fit des passes de moindre transmission, l’ensemble restant tout de même de correcte facture.  Entière contraire latérale concluante portée a recibir. Oreille.

Alejandro Adame reçut son premier adversaire par deux largas cambiadas de rodillas et quelques véroniques avant que l’animal ne fasse deux vueltas de campana. Une seule ration de fer suivit pour ne pas pénaliser le Cuillé avant un quite du jeune mexicain par saltilleras et revolera. Débutée par le haut, la faena du dernier des Adame fut assez inégale, Alejandro soignant le geste sur une série puis poursuivant par des muletazos moins aboutis. Après les manoletinas finales, le garçon laissa une demi-lame qui dut être complétée par une poignée de descabellos. Salut.

Le quinto fut accueilli par de bonnes véroniques, chicuelinas et largas avant mise en suerte par chicuelinas al paso et revolera pour un unique puyazo. Suivit un quite fleuri d’Alejandro par zapopinas, une suerte toujours spectaculaire et appréciée du public. Brindée au novillero Cristian Perez, la seconde faena du jeune mexicain tourna très vite court du fait d’un bicho qui refusa le combat et se réfugia près des tablas. Malgré ses efforts, le garçon ne put rien tirer de l’animal. Il s’en débarrassa de deux lames perçant les flancs complétées par un descabello. Silence.

C’est par une larga cambiada de rodillas et quelques véroniques inégales que Rafi salua l’entrée de son premier opposant. Ce dernier poussa lors de la première rencontre avant de revenir dans le peto, après un quite de Rafi par chicuelinas et revolera, sans y être piqué, le lancier ratant la suerte. Quite de Maxime par tapatias auquel Rafi répondit par zapopinas et larga. Agréable moment de competencia qu’on ne partage que rarement ! Après trois bonnes paires de bâtonnets, le garçon brinda sa faena à Frédéric Donnedieu de Vabre (ex-ganadero de Tierra d’Oc), Débuté par une passe cambiada serrée au centre, le trasteo prit corps sur la main droite avant un passage à gauche moins abouti, et un final par luquecinas précédant une belle entière portée avec décision. Vuelta (un peu généreuse) pour le Cuillé et deux oreilles pour le jeune nîmois.

Le sixième fut reçu par élégantes véroniques et demie avant d’être mené par chicuelinas al paso face au uhlan pour un départ vers le  picador de réserve qui lui administra l’unique ration de fer prise en poussant. Ce novillo distrait et difficile à fixer fut tout de même capté par le capote de Rafi pour un quite par chicuelinas et revolera. Débutée de rodillas, la seconde faena ambidextre de Rafi fut très agréable à suivre, le garçon profitant bien des bonnes dispositions de l’animal pour soigner le geste. Hélas Rafi voulut tuer a recibir : il pincha par deux fois. Il poursuivit en volapié pour deux autres pinchazos. Enfin, au cinquième envoi, l’épée entière foudroya le bicho. Trop tard ! Salut pour Rafi auteur tout de même d’une belle prestation.

A l’issue de la course, Maxime Solera reçut le Trophée Pierre Pouly avant de sortir a hombros en compagnie de Rafi et du ganadero, Laurent Cuillé.

Reseña et photos : Paco.


Le matin, les becerros de Turquay sont sortis intéressants, notamment deux d’entre eux (becerrada sans mise à mort)

  • Pedro Montaldo (Nîmes/Catalogne) : vuelta.
  • Tristan Espigue (Rhône Aficion) : oreille.
  • Nino Julian (CFT) : deux oreilles.
  • Fabien Castellani (ETPA) : n’a pas terminé sa prestation après deux volteretas, la seconde le laissant inconscient (heureusement sans mal).

 

C’est Nino Julian qui fut déclaré vainqueur et qui reçut le trophée remis en piste par le Club Taurin Istréen.

Photos : Michel Naval.