Hagetmau. 29 juillet. Triomphe pour Toñete, blessure pour El Adoureño.

Petite demi-entrée, chaleur, nuages et soleil, deux heures vingt de spectacle.

Trois novillos d’Ana Romero (premier, cinquième et sixième) et trois Rehuelga (deuxième, troisième et quatrième), tous deux piques, les Réhuelga un peu moins mobiles. Généralement toréables à la muleta.

  • Toñete (nazareño et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, une entière, une oreille.
  • El Adoureño (blanc et argent souligné de noir), au deuxième, une entière, huit descabellos, avis, silence ; au cinquième, blessé à la deuxième entière. Conduit à l’infirmerie. Toro tué par Toñete. Silence.
  • Dorian Canton (bleu marine et or) au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, une entière foudroyante, silence.

 

Parte facultativo. El Adureño blessé au bas ventre lors de la mise à mort du cinquième toro a été opéré dans l’infirmerie de l’arène. Pronostic grave.

Toñete en triomphe qui va conforter sa première place de l’escalafon, El Adoureño indisponible pour quelques jours après une coup de corne… Ana Romero et Rehuelga, deux Santa Coloma profond qui ont mis un peu d’animation dans cette course des novilleros parmi les meilleurs. 

Toñete, Antonio Catalán Palazon, s’est amusé à Hagetmau, mais toujours avec courage pour résoudre les deux branches du Santa Coloma qu’on lui proposait. Beaucoup de classicisme avec l’Ana Romero, son premier, qu’il travaille essentiellement à droite mais avec un muleta lente et basse. Il viendra à gauche, pour deux séries, mais sans s’attarder, le bougre n’est pas à l’aise !  Il nous vend un autre spectacle. Par contre, s’il veut confirmer et s’offrir une grande porte, il a vite compris qu’il doit s’arrimer devant ce Rehuelga. Le combat commence à droite et il va vite se mettre en valeur en prenant la senestre pour un toreo profond et  lent. Une qualité qu’il démontrera sur les deux mains. Ce n’est peut être pas génial, mais ces deux faenas sont bien faites, bien construites et exécutées au millimètre. Le génie c’est pour demain. 

El Adoureño, Yaniss Djeniba, arrivait auréolé d’un succès en quatre oreilles… Mais il n’a jamais été à la fête, mis à part dans le tercio de cape de son premier adversaire où il se livra à une série d’amples et lentes véroniques… du bonheur. Mais dès ses premières passes de muleta, il est rapidement brouillon et se fait renverser. Il n’y aura que quelques beaux muletazos isolés. La suite, face à un certain « Barabas » d’Ana Romero n’est pas bien bonne. A la cape il se fait promener. A la muleta, il est très profilé, mais tout de même il semble s’imposer. Mais au deuxième essai lors de l’entrée à matar, ce voyou de « Barabas » lui plonge la corne dans des parties douloureusement familiales, pudiquement coucougnettes, qui le conduisent à l’infirmerie. Hagetmau restera un mauvais souvenir dans sa trajectoire. 

Dorian Canton, après un triomphe à Garlin, un raté à l’épée à Orthez, arrivait avec des désirs de triomphe au cœur de la Chalosse. Un peu pressé à la cape pour sa première sortie, on retrouvait son classicisme lorsque, muleta en main, il se positionnait au centre de la piste et citait de loin un Rehuelga. Très calme, corps relâché, il donnait des figures profondes, aux touches artistiques. Du beau et grand Dorian. Malheureusement il ne retrouvera pas ce style avec son dernier, un Ana Romero… Mais que pouvait-on faire avec cet animal qui ne répétait pas, auquel il convenait d’extraire les passes ? Même l’épée foudroyante ne pouvait rien racheter.

Une course complète où l’on aurait souhaité un peu plus de piquant chez les frères Santa Coloma.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Romain Tastet.