Mont-de-Marsan. 18 juillet. Garcigrande déçoit. Une seule oreille pour Juan Bautista.

Arène presque combles, nuages, chaleur, et quelques gouttes de pluie en début, deux heures vingt-cinq de spectacle pour ce mano a mano.

Deux Garcigrande (premier et troisième), quatre Domingo Hernandez, le cinquième remplacé pour boiterie par un sobrero du même fer. Tous deux piques, parfois prises avec bravoure. Parfois compliqués à la muleta.

  • Julian Lopez « El Juli » (rouge fané et or), au premier, une entière, silence ; au troisième, huit pinchazos, trois descabellos, silence , au cinquième, une demi-lame, un descabello, avis silence.
  • Juan Bautista (blanc et or), au deuxième, une entière a recibir, une oreille ; au quatrième, une entière, salut ; au dernier un pinchazo, un quart de lame, cinq descabellos, avis, silence.

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Apostille. El Monteño (Mathieu Guillon), qui faisait ses début de banderillero en corrida dans la cuadrilla de Juan Bautista, a été applaudi aux banderilles au quatrième toro.

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Sobresaliente : Jérémy Banti.

Beaucoup de déception à la sortie de cette première corrida de la Feria de la Madeleine où les devises de Garcigrande et Domingo Hernandez ont beaucoup déçu. Des toros parfois sosos, tous de charges courtes et ne transmettant guère d’émotion. Une corrida bien piètre. On ne peut pas reprocher aux deux toreros de ne pas s’être livrés à fond. Manifestement, ils étaient venus pour triompher mais ce fut une bien mauvaise découverte.

Juan Bautista avec son premier Domingo Hernandez, a su ne pas laisser passer le seul adversaire qui manifesta un peu de recours. Un animal mobile et un tantinet agressif. A la cape il dessina d’amples et lentes véroniques… Mais c’est avec la muleta qu’il fut énorme dans des derechazos étonnants de pureté. Le corps totalement relâché, et au bout des bras, une muleta lente et basse, caressant le sable à l’infini. A gauche il manifesta cette même créativité, même s’il lui fut plus difficile de faire répéter son adversaire… Il revint donc sur la droite, mais sans l’épée avant de parfaire d’un recibir d’école.

Il sera loin de retrouver cette réussite avec les deux autres adversaires. Il tenta de «redresser» le premier avec quelques passes de châtiment, puis se lança dans une première série tentant de s’inventer un toro sans y parvenir. Avec le dernier adversaire il fut très classique après nous avoir séduit par une série de véroniques à genoux. Sa faena allait rapidement baisser d’intérêt, son adversaire ayant perdu un sabot en cours de lidia.

El Juli, qui ouvrait le ba,l étrenna les mauvais comportements, le manque de véritables charges. Avec « Freidora », son deuxième Garcigrande, ce fut un peu mieux et sa volonté, après quelques passes de châtiment, lui permit de nous offrir une muleta très basse et très lente avant qu’il n’entame une belle série de naturelles. Il n’y en avait pas pour gagner grand-chose, d’autant que la mise à mort fut calamiteuse. Il tenta bien de se racheter avec un sobrero de Domingo Hernandez, mais son classicisme, ses cites à mi-distance et cette muleta toujours très basse ne trouvèrent par la vraie réponse pour un succès, même si sur la gauche il fut impérial.  El Juli  aura presque entendu une bronca avec le troisième qu’il ne parvenait pas à mettre à mort… Une mauvaise journée.

Mais ça ira mieux demain pour la suite de La Madeleine.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol. Reportage photos : Romain Tastet.