Les Saintes Maries de la Mer. 14 juillet. Le Centaure d’Or pour Pablo Hermoso de Mendoza.

Y avait-il une réelle compétition entre le père et le fils ? Pourtant, à n’en pas douter, Pablo semblait vouloir affirmer, malgré les liens du sang, ou à cause, qu’il était et restait le Patron !

Quant à Andrés Romero, nous ne l’avons pas senti à la hauteur pour inquiéter le Maestro qui remporta, de fait, le trophée haut la main en coupant une puis deux oreilles, trophée qui lui fut remis en piste à la fin de la course par Roland Chassaing, maire des Saintes, en présence de Marie Sara.

2/3 d’arènes seulement, ce qui est dans mon souvenir, la plus faible fréquentation pour un tel rendez-vous. Dommage pour les absents qui ont peut-être préféré le foot… Ils se sont privés d’un lot de toros de qualité, bien présenté et donnant beaucoup de jeu : quatre toros et deux novillos de Fermin Bohorquez, de quoi nous réconcilier avec cet encaste dont les représentants avaient subi, ces derniers temps, des critiques justifiées par leur faiblesse et leur peu de collaboration.

Je crois être autorisé à affirmer qu’un des deux novillos était le fils du toro que Pablo avait indulté à Nîmes, il y a quatre ans, lors de la despedida de Fermin Bohorquez.

Les meilleurs furent le premier de Mendoza et le second de Romero. Ce dernier certainement supérieur, et que d’aucuns auraient voulu lui voir attribuer une vuelta posthume si le Palco avait sorti le mouchoir bleu.

Revenons à ce premier opposant dont les grandes qualités le rendaient exigeant. Il fallut le bagage technique et la dextérité de Pablo pour le dominer par une série de recortes de grande qualité. C’est en selle sur Alquimista que le navarrais le lidia de façon magistrale… à couper le souffle. La faena qui suivit fut d’une grande pureté, à la mesure de la salida, s’égrénant avec rythme et finesse. De belles poses de face avec Berlin. On retrouvait le Maestro tant apprécié par l’aficion. Seul bémol, la lame de mort, bien que très efficace, fut douteuse dans son positionnement, étant très en arrière et presque au milieu du dos.

Avec son second, le quatrième de la course, le navarrais se montra également très technicien dans sa tauromachie et pur dans son équitation. Il nous servit une faena tout aussi séduisante avec Extrano, très expressif, agile et flexible, puis avec Januca. La mort, quasi-foudroyante, fut également le fruit d’une lame douteuse. Si elle fut meilleure qu’à son premier, elle en resta un peu trasera… C’est en chevauchant un crème que Pablo aborda par deux fois la suerte suprême. Ce dernier remplaçant Pirata qui est, à présent, confié à son fils.  A jeune cavalier vieux chevaux…

Guillermo fit, quant à lui, deux prestations des plus honorables, étant opposé à deux novillos de 448 et 510 kg. Précis et habile, il lidia et construisit ses deux faenas sous les conseils avisés de son mentor de père, utilisant les chevaux les plus confirmés de la cuadra. Lors du dernier tercio, il chercha à être précis et respectueux dans le positionnement des lames de mort. Cela se fit au détriment de l’efficacité, le jeune Mendoza perdra les récompenses à cause de pinchazos et autres descabellos répétés. Le public ne lui en a pas tenu rigueur, gardant en mémoire ses faenas réussies, notamment avec Disparate. Pirata voulant son moment de gloire, se distingua en sautant sur le toro pour le mordre, alors que Guillermo avait mis pied à terre.

Andrés Romero eut le plus compliqué, son premier adversaire et le meilleur des Bohorquez avec le cinquième de la course, auquel il coupa une oreille. Il se montra déterminé, mais manquant de finesse. Nous avons pu apprécier une bonne cavalerie qui aurait mérité une meilleure équitation. A son crédit, une belle réception a porta gayola de son second opposant qu’il reçut avec le marseilles en guise de capote.

Précédant le paséo, numéro de liberté, pas de deux de Doma vaquera et arlésiennes ouvrirent la tarde sur un moment solennel avec une minute d’applaudissement en hommage à Luc Jalabert.

Reseña : Freddy Porte. Photos : Michel Naval.