Plaisance du Gers. 14 juillet. Triomphe de José Antonio Valencia et de Solalito.

Plaisance-du-Gers. Novillada sans picadors, belle entrée à l’ombre, plus clairsemée ailleurs, soleil et chaleur, deux heures-quinze de spectacle.

Les trois premiers, erales de Turquay (origine Santa Coloma) et les trois derniers de Sainte-Cécile (origine Domec), tous dans le type de leur origine, surtout les Turquay, très mobiles, agressifs, et les Domecq peut-être plus dangereux que les trois autres. Tous parfaitement toréables avec leurs difficultés.

  • Adrian Villalba (bleu ciel et or), au premier, une entière, trois descabellos, silence ; au quatrième, une entière, avis, trois descabellos, vuelta.
  • José Antonio Valencia (vert et or), au deuxième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Solal Calmet « Solalito » (bleu marine et argent), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, trois-quarts de lame et un descabello, une oreille.

 

Santa Coloma ou Domecq ? entre les Turquay et les Sainte Cécile de Michel Megias, bien difficile de choisir. Certes des Turquay plus compliqués dans toute leur lidia, mais des Domecq de Sainte Cécile très vifs, agressifs et même dangereux. Pour les novilleros rien de très facile, et pour tous deux erales avec des comportements particuliers de toros de combat. Mais au final une novillada sans picadors qui aura enchanté tous les aficionados qui ont chaleureusement applaudi les deux triomphateurs du jour, José-Antonio Valencia et Solalito qui ont quitté l’arène portés en triomphe.

Adrian Villalba, ouvrait la course avec « Peleon », Santa Coloma de Turquay, un adversaire parfaitement dans le type de la caste, plutôt haut et bien charpenté. Mais le garçon malgré un agréable tercio de cape ne trouvera jamais la bonne distance et se fera, par moments, balader. Il aura tout esssayé sans jamais trouver la réussite.

Une larga afarolada à genoux pour entamer son deuxième combat face à un Domecq de Sainte Cécile, certes noble, mais très piquant. Il sera obligé de poursuivre par une série de passes de châtiment. Le reste de la faena sera souvent chaotique, sans rigueur, et pour ternir le tableau, l’animal n’a pas une seule passe à gauche. Une derrnière frayeur à la mise à mort mais rien de convainquant.

José Antonio Valencia trouvait rapidement le bon sitio avec le Turquay, et si l’on peut regretter de trop rapides moments de cape, ses muletazos seront très vite agréables, dessinés avec une muleta qui caresse le sable avec une lenteur infinie. Ses naturelles, plus rares, seront de la même veine. La fin de la rencontre sera beaucoup plus âpre.

« Bulerito » n’a rien d’un danseur, il déborde de fougue et d’agressivité, le vieux fond Domecq existe toujours. Aussi, pendant un long moment, sa faena sera désordonnée, brouillonne, et le garçon parfois dépassé, en tous cas désarmé, et il ne trouve pas la distance idéale. Sur la gauche les complications sont toutes aussi réelles. Il donne par moments l’impression de s’imposer. C’est un vaillant qui ne se laisse pas abattre.

Solalito a ce don de lancer de belles étincelles, comme cette somptueuse demie qu’il signe devant « Destinado », l’ultime Turquay de la journée. Il partage les banderilles avec Villalba pour un agréable festival avant de brinder au co-président de Plaisance, Henri Michel. Mais il faut voir, après, et ne pas oublier ces interminables derechazos d’une lenteur qui est proche d’arrêter le temps. Il s’en dégage une douceur étrange… Mais à gauche on revient aussitôt aux dures réalités de la tauromachie que n’oublie jamais de rappeler le Santa Coloma.

Pour en finir avec du Domecq, Solalito offre un élégant tercio de cape, et avec les bâtonnets, parfois en difficulté, il sait demeurer le maître. Il offrira au public de Plaisance un beau moment d’harmonie et de lenteur, pratiquement un petit poème que cette faena au rythme ensorceleur.

Dans le Sud-Ouest, Solalito a trouvé la route du bonheur… Suerte maestro y sigue !!!

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.