Tarascon. 8 juillet. Deux oreilles pour El Adoureño.

La traditionnelle novillada de la Feria de la Jouvenço de Tarascon s’est déroulée sous une chaleur étouffante heureusement bien atténuée par l’ombrage bienvenu de la placita provençale.

Au menu un lot de novillos porteurs du fer de Piedras Rojas et Dos Hermanas (1°), propriété de la famille Laugier, un lot hétérogène en trapio et homogène dans l’intérêt suscité auprès des nombreux aficionados présents (deux tiers d’entrée environ).

Face à ces utreros, deux novilleros du Sud-Est, El Rafi et Vincent Perez, et un du Sud-Ouest, Yannis Djeniba « El Adoureño ». Une novillada donc 100% tricolore qui a vu le succès d’El Adoureño, un succès dont le triomphateur du Zapato de Oro d’Arnedo 2017 avait besoin pour redorer un peu son blason terni par un début de temporada sans grand éclat.

C’est El Adoureño qui ouvrit les débats en accueillant correctement le noble premier par quelques véroniques de bonne facture, demie et revolera. Après une courte ration de fer latérale doublée par un second puyazo correct, Yannis signa un quite par tafalleras et faroles alternés. Face à un bicho un peu tardo, le garçon composa une faenita ambidextre agréable, ponctuée de quelques passes cambiadas et conclue par bernadinas. La lame entière efficace qui mit fin au trasteo fit apparaître logiquement un pouchoir au palco.

Le quatrième fut reçu par véroniques, tafalleras et revolera avant d’être piqué à deux reprises, la seconde ration light. La seconde faena d’El Adoureño, débutée par passes cambiadas, se déclina aussi en version ambidextre, ponctuée de quelques arrucinas et circulaires inversées et conclue par un pecho de rodillas. Trasteo de correcte facture avec quelques gestes pueblerinos dont le garçon devra faire abstraction s’il veut convaincre à l’avenir. Entière caida hémorragique après pinchazo et oreille un peu généreuse, vu le final.

Raphaël Raucoule « El Rafi » sut séduire par son élégance lors de sa première faena. Débutant par jolies véroniques templées, chicuelinas et revolera, le nîmois mena ensuite son noble adversaire vers le lancier de service pour une ration de fer prise en poussant un peu. Quite de Rafi par caleserinas et faroles avant trois bonnes paires de banderilles du jeune torero assurant lui même le second tiers. Muleta en main, c’est de rodillas et sur la corne droite que Rafi débuta sa faena, poursuivant ensuite par des derechazos main basse du plus bel effet dessinés dans un mouchoir de poche. Le garçon poursuivit sur le même bord avant de passer à l’opposé pour de belles naturelles. Faena intelligente du nîmois qui sut laisser son opposant un peu juste de forces se reprendre entre les séries. Entière latérale verticale et perçante après pinchazo. Oreille et vuelta généreuse pour un novillo plein d’entrega mais qui ne visita le cheval qu’à une seule reprise.

Le quinto, après véroniques et demie de réception, écroula le cheval contre les planches au terme d’une bonne poussée. L’équidé, semble-t-il un peu groggy, fut remplacé pour un second puyazo. Gabin, qui était à la manoeuvre, partit à l’infirmerie suite à un coup au niveau du thorax. Après un second tiers bien mené, Rafi dut arracher des muletazos à un bicho tardo qui gardait la tête haute. A droite comme à gauche, il fallut tirer les passes une à une avant de se résoudre à mettre fin au débat. Entière delantera caida au troisième assaut. Palmas.

Face au troisième, Vincent Perez signa une entame correcte par véroniques et demie avant de mener son opposant vers le uhlan pour deux rations de fer d’intensité dégressive. Doublant bien genou fléchi, l’istréen dut composer avec un bicho d’abord pas facile qui aurait demandé une muleta plus ferme. Hélas le garçon est encore bien vert pour imposer une lidia autoritaire. Il fit donc des passes mais sans savoir vraiment par quel bout prendre son adversaire. Trois-quart d’acier sur l’épaule, descabello. Silence.

Pas mieux face à l’imposant sixième qu’il reçut de façon approximative avant de le confier aux bons soins de son picador pour deux bons puyazos, le premier pris en mettant les reins. SAlut de Marc Antoine Romero et Miguelito pour un second tiers de qualité. La suite fut très inégale; Vincent faisant à nouveau des passes sur les deux bords sans vraiment s’imposer. Pas moins de quatre assauts avant de loger une lame entière mettant fin au combat. Silence.

El Adoureño fut déclaré triomphateur de la course, remportant ainsi le quatrième Prix Nimeño II mis en jeu. Sortie a hombros de Yanis à l’issue de la remise du prix. Salut mérité du ganadero ayant fourni un lot intéressant.

Notes.

  • Une minute de silence fut observée à l’issue du paseillo en hommage à Alain Granier et Luc Jalabert ainsi qu’aux personnalités ayant rejoint le ruedo céleste.
  • Bonne organisation pour une course qui, chaque année, ne manque pas d’intérêt.
  • Il serait souhaitable que le train d’arrastre fasse plus rapidement son office, ce qui éviterait la pression populaire sur le palco pour accorder des vueltas posthumes qui ne s’imposent pas.

 

Reseña et photos : Paco.

En matinée, NSP organisée par l’Ecole Taurine du Pays d’Arles avec des erales de Patrick Laugier, nobles mais souvent justes de forces.


Silence et oreille pour José Antonio Valencia.

Silence et deux oreilles pour Adam Samira.

Sobresaliente : Fabien Castellani.

Photos : Jean-Luc Jouet.