Eauze. 8 juillet (tarde). Une seule oreille pour Luis David Adame.

Un petit trois-quarts d’arène, soleil et chaleur, deux heures-trente de spectacle.

Deux toros de Gallon Frères pour Andy Cartagena à cheval,  et quatre de La Dehesilla, tous plutôt bien présentés, les trois premiers de peu de charge, sosos et ne répétant pas. Le dernier plus mobile et agressif. 

  • Andy Cartagena, au premier, un rejon de muerte et un descabello, silence ; au deuxième, une rejon de muerte, salut et ovation.
  • Juan Bautista (bordeaux et or), au premier, un pinchazo, une entière, avis, silence ; au troisième, un pinchazo, une entière et un descabello, silence.
  • Luis David Adame (bleu-marine et or), au deuxième, le toro meurt seul, silence ; au dernier, une entière, avis et un descabello, une oreille.

Luis David, une oreille en main, Omar Hasan entonnant un de ses derniers airs après «Clavelito», deux images pour tenter d’apaiser la déception d’une après-midi que tout le monde attendait brillante et héroïque. Mais les toros n’étaient pas au rendez-vous.

Andy Cartagena, qui ouvrait cette course mixte, nous a fait admirer ses magnifiques chevaux et quelques belles poses de banderilles. Mais si le premier toro de Michel et Jean-Pierre Gallon permit un peu de spectacle, il n’en fut pas de même avec le dernier qui se planta au centre de l’arène et ne bougea plus. Même « Granada », chanté par Omar Hassan, n’est pas parvenue à le réveiller. C’est à se demander pourquoi Andy Cartagena continua son tercio de banderilles. Ses poses n’avaient plus le moindre intérêt. Mais Andy Cartagena se retirera d’Eauze avec une forte ovation d’amitié, et de respect pour le grand cavalier qu’il est.

Juan Bautista eut un premier adversaire dont il dut calmer les courses désordonnées par quelques passes de châtiment bien appuyées. Son travail essentiel fut de retenir ce toro qui avait une fâcheuse tendance à la fuite. Difficile ensuite de composer de belles figures. Quant au second, il n’y avait pas grand-chose à faire. Sa faena consista a arracher des passes une à une avec quelques tentatives à gauche, sans insister. Pourtant, chaque fois, l’arlésien nous avait fait rêver à la cape avec des séries de véroniques lentes et harmonieuses, certaines terminées sur une main. Ce furent ensuite deux faroles à genoux. Mais jamais par la suite, il ne put trouver la distance… mais le pouvait-il avec ces toros compliqués et mornes ?

Luis David Adame semble marcher sur les traces de son frère Joselito, et ce dimanche il dut faire ses preuves avec un seul toro. En effet «Valiente», son premier Dehesilla, se coucha pour mourir après quelques passes de sa faena. L’animal avait dû être blessé sur une veine importante par la pique ou une banderille. Aussi se jeta-t-il à corps perdu dans le dernier combat de la journée face à « Tocolio » sorti en dernière position, le seul à avoir témoigné de la mobilité et un vrai agressivité dans ses charges rectilignes sur la muleta de Luis David Adame. Le jeune mexicain n’a pas laissé passer sa chance avec une muleta très basse, caressant le sable. Il ralentissait la charge du fauve et le dominait progressivement dans une faena de lidiador. Il avait ouvert son répertoire par un très agréable tercio de cape avec cinq grandes véroniques avant de plonger dans ces muletazos interminables et dominateurs. Sa mise à mort fut parfaite, bien moins celle de son puntillero qui lui coûte peut-être un deuxième trophée dans la joie et l’exagération d’un agréable moment.

Une course dont on pouvait attendre plus.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.