Boujan. 30 juin. Maxime Solera le plus en vue.

Première novillada de Toros Y Campo 2018 faisant suite à la victoire de la France en huitième de finales de la Coupe du Monde de Football, ce qui créa une certaine ambiance sur le campo de feria, une ambiance festive qu’on aurait aimé voir se prolonger dans les arènes toutes proches.

Hélas le lot de Hoyo de la Gitana ne s’y prêta guère. Des novillos de beau gabarit, armés commodes mais globalement décevants à une paire d’exceptions près car manquant souvent de race et de forces, finissant parados au dernier tiers.

Maxime Solera, très décidé, se dirigea d’entrée de jeu vers la porte des chiqueros. On s’attendait à une larga de rodillas mais ce fit un enchaînement de tafalleras et gaoneras que nous proposa le fosséen. Hélas il se fit cueillir au final et bousculer sévèrement, se relevant pour conclure vaillamment par une série de véroniques. Après une première pique repositionnée et une seconde sans histoires, Maxime brinda sa première faena à Michel Bouisseren, l’organisateur, qui lui accorda une grande confiance en l’inscrivant à l’affiche des deux rendez-vous majeurs de ce week-end.

Bon début de faena genou ployé, puis une faena ambidextre de bonne facture où le garçon se démena pour forcer à la collaboration un adversaire peu enclin à lui faciliter la tâche, se défendant souvent en cognant dans l’étoffe avant de se dégonfler complètement. Entière delantera après trois pinchazos. Puntillero maladroit. Salut.

C’est en sixième position que Maxime lidia son second novillo, passant auparavant par l’infirmerie pour y soigner les conséquences de sa cogida (entorse à la cheville et contusions diverses). Boitillant mais toujours aussi déterminé, il prit en mains le Hoyo pour le mener fermement vers le centre avant de le confier aux bons soins de Gabin Rehabi qui lui administra trois rations de fer bien dosées, la première spectaculaire par la violence du choc, les deux suivantes pas évidentes par rapport à la charge désordonnée du bicho. Ovation à la sortie du picador français. La seconde faena du garçon, brindée au public, fut des plus autoritaires pour parvenir à arracher sur les deux bords et au compte-gouttes des muletazos à un animal hésitant et tardo. Beaucoup de volonté chez le fosséen qui conclut d’une entière delantera et latérale qui fit apparaître au palco le mouchoir du pundonor.

El Adoureño fut désarmé par le second au terme de la série de véroniques de réception. Reprenant le leurre, il mena son premier adversaire vers le lancier de service pour trois rations de fer, en carioca la première, traserita la seconde, light la dernière. Débutée sur la droite, la faena ambidextre du garçon fut inégale, les meilleures séries venant sur la corne gauche, le piton opposé s’avérant moins fréquentable. On regrettera un peu la position marginale de Yannis qui en se croisant davantage aurait peut être pu affirmer sa domination sur le bicho. Quelques scories pueblerinas comme ces passes hautes en regardant les gradins avant entière tendida mettant fin au trasteo. Puntillero maladroit qui relève l’animal et oreille généreuse sur pétition non majoritaire.

C’est en quatrième position que Yannis reçut son second opposant, se faisant à nouveau voler le capote par le cornu. Après une pique sous-cutanée repositionnée, puis une courte ration de fer trasera, Yannis débuta par deux passes cambiadas une faena de faible contenu face à un novillo compliqué à la corne gauche accrocheuse et qui permettait peu. Quasi-entière habile et un salut qui ne s’imposait pas.

Carlos Olsina, qui jouait à domicile, manifesta beaucoup de volonté et un souci de bien faire louables. Ainsi il reçut le troisième par bonnes véroniques et demie avant de chuter devant l’animal, échappant à la punition par un bon réflexe. Première ration de fer où le uhlan vida les étriers suite au choc, avant un second puyazo pompé, puis une troisième ration de fer en poussant un peu. Charles s’engagea ensuite dans une faena ambidextre sincère où il se croisa et avança la jambe malgré une corne gauche chercheuse, un trasteo qui ne reçut pas l’accueil qu’il aurait peut être mérité. Final par manoletinas avant une entière delanterita et tendida efficace portée au second assaut. Salut.

C’est en cinquième position que Charles reçut son second opposant par d’inégales véroniques avant de le faire piquer à deux reprises, le bicho sortant vidé de sa confrontation avec le lancier. La faena qui suivit ne fut qu’une suite de sollicitations plus ou moins suivies d’effet. Charles s’entêta à tirer de l’eau d’une pierre avant que le bicho ne se couche après un pinchazo hondo. Le puntillero maladroit le relèvera après que la cuadrilla ait en vain essayé de remettre le Hoyo sur ses aplombs. Demi-lame dans les bas fonds pour la conclusion. Sifflets à l’arrastre. Salut.

Le prix au meilleur picador fut remis à Gabin Rehabi. Celui de la meilleure faena ne fut pas attribué.

Notes.

  • Avant le début des débats, Olivier Boutaud, champion de France de Doma Vaquera, fit une exbibition de sa spécialité.
  • Le paseo se fit au son du paso-doble « Ivan Fandiño« .
  • A l’issue du défilé, minute d’applaudissements à la mémoire du journaliste biterrois Richard Pascal disparu il y a peu.

 

Reseña et photos : Paco.
Photo du haut : Joël Buravand. Remise du prix : Paul Hermé.